Une compensation qui n'est pas acceptable

Le projet de barrage de Sivens détruirait la dernière zone humide d’importance du bassin versant du Tescou. La DREAL, dans son avis du 9 juillet 2012, indique que « la réalisation du projet entrainera directement, par ennoiement, la destruction de 12.7 ha de zones humides et indirectement, du fait de la création du barrage, la perte de fonctionnalité de 5,4 ha ». L’étude d’impact du projet a montré que la zone humide du Testet « fait certainement partie des zones humides majeures du département du point de vue de la biodiversité» notamment du fait que le site est caractérisé par la présence d’au moins 94 espèces animales protégées.

 

Le Conseil Général et la Préfecture considèrent que la destruction de la zone humide du Testet serait compensée par la réhabilitation de zones humides ailleurs.

 

Or, de nombreux experts ont donné un avis opposé :

  • La qualité de la compensation est insuffisante.

Dans son avis en décembre 2012, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) citent « des mesures compensatoires présentant un caractère hypothétique, voire inadéquat, notamment celles relatives à la restauration des zones humides ». Le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a présenté la même analyse dans ses 2 avis défavorables en 2013.

  • L’efficacité des mesures compensatoires n’est pas démontrée.

Dans son rapport « Évaluation du Plan national d’action pour les zones humides 2010-2013 (PNZH) », le Conseil Général de l’environnement et du développement durable (CGEDD, organisme ministériel) souligne : « D’une manière générale, les études disponibles convergent pour souligner la difficulté d'une mise en œuvre efficace et équitable de la compensation, celle-ci devant toujours être considérée comme un pis-aller ».

  • La surface de la compensation est insuffisante.

Les 19.5 ha de zones compensatoires sont réparties en 9 zones éclatées sur les masses d’eau du Tescou et du Tescounet. Le CG 81 s’est donc contenté de respecter le coefficient de compensation légal de 1.5 : 13 ha détruits X 1.5 = 19.5 ha pour la compensation. Ceci est en contradiction avec les coefficients de compensation indiqués dans sa propre note de cadrage (avril 2011) comme nous le démontrons dans l’analyse que vous pouvez télécharger ici.

 

NOUVEAU

Lettre ouverte que les propriétaires de zones humides du Tarn

ont envoyé à Thierry Carcenac, Pdt du CG 81 le 25/09/14.

 

 


 

Le Collectif bénéficie du soutien financier de la Fondation pour une Terre Humaine pour l'aider à mener à bien la mobilisation publique et médiatique nécessaire à la sauvegarde de la zone humide du Testet.



Les réactions

Avatar Claude CHARLES

La question des compensations est un leurre pour satisfaire les intérêts de l'agriculture intensive et de l'urbanisation de nos zones humides.
Aujourd'hui, étant donné l'état catastrophique des écosystèmes coeur de leurs fonctionnalités, les zones humides et,ou, marais doivent être intégralement préservés.Il n'y a plus de compensation possible!!! Malheureusement, le SDAGE Adour-Garonne nous prépare des reports d'atteinte des objectifs DCE, faute de vouloir appliquer les mesures nécessaires à la sauvegarde de ces milieux. Une réaction forte,commune et nationale me parait une des actions possible à organiser pour contrer tous ces lobbys destructeurs de notre patrimoine commun.
Bien à vous
Claude CHARLES Président de l'ASCO du Marais Doux de La Tremblade (17)

Le 30-08-2014 à 17:14:54

Avatar revel thierry

voila qui montre les contradictions dans lesquelles s'enferre obstinément le président du conseil général. De beaux discours et de belles intentions et ensuite des actions en totale opposition.Je suis allé sur le site du CG sur la préservation des zones humides et c'est édifiant. J'espère que les élus de terrain ne lui ouvriront pas les portes du sénat et qu'ensuite celles du CG lui seront refermées aux prochaines élections.Un tarnais très déçu.

Le 25-09-2014 à 21:33:12

Avatar Bathy

"Une « juste compensation » ne peut être évaluée qu’avec des écologues compétents, dans la transparence, en connaissant l’histoire du site et son écopotentialité réelle, en connaissant les effets futurs des polluants dispersés par l’exploitation, et avec une évaluation et d'éventuelles mesures correctrices, ce qui est rarement le cas." Wikipedia
...sans parler des effets pervers d'une part, de l'impossibilité de compenser dans de nombreux cas d'autre part...

Le 26-09-2014 à 10:34:11

Avatar Bathy

"Une « juste compensation » ne peut être évaluée qu’avec des écologues compétents, dans la transparence, en connaissant l’histoire du site et son écopotentialité réelle, en connaissant les effets futurs des polluants dispersés par l’exploitation, et avec une évaluation et d'éventuelles mesures correctrices, ce qui est rarement le cas." Wikipedia
...sans parler des effets pervers d'une part, de l'impossibilité de compenser dans de nombreux cas d'autre part...

Le 26-09-2014 à 10:34:27

Avatar christine

on ne peut que féliciter Rhizobiome de s'exprimer enfin sur ce sujet... mieuxvaut tard que jamais... on attend maintenant que les principales structures d'éducation à l'environnement soutenues elles aussi financièrement par le CG s'expriment aussi... car comment porter un programme de protection des zones humides ou des amphibiens dans les écoles et villages du Tarn en restant crédible si on ne s'oppose pas d 'une voix claire contre ce projet insensé et ses pseudo mesures compensatoires?

Le 27-09-2014 à 22:48:05

Avatar Bastide gérard

Les réponse alambiquées et purement comptables du président Carcenac confirme tout le mal que je pense de cette prétendue notion de "compensation".
"dépenser", compenser", la racine est la même . On est face à une logique comptable d'essence néo-libérale qui se contrefiche des impacts réels sur le vivant.
Ca avait commencé il y a quelque temps avec les hélicos à la Nicolas Hulot et autres Arthus-Bertrand :
je fais 1000 km en hélico, mais à la place et "pour compenser", je replante des
arbres ou j'ouvre une école au fond de la brousse.
L'arithmétique y trouve peut être son compte, pas la biodiversité.
Et que je te verdis mon image et que je me donne bonne conscience à peu de frais.
Déclinaisons possibles :
je fume comme un pompier la semaine mais"pour compenser"
je fais deux heures de running en salle et trois longueurs de piscine le dimanche;
j'ai écrasé accidentellement un gamin mais "pour compenser", le tribunal
estime à tant de milliers d'euros le préjudice;
je détruis des milliers d'hectares de forêt primaire et
"pour compenser" je crée une fondation verte...etc.
on touche le fond de l'absurde comptable avec "la plus-value des travaux"
et les "coefficients multiplicateurs".
La nature, ça vit, ça meurt, ça pousse, ça se régénère ou ça se pétasse, mais ça ne se compense pas.
Difficile d'expliquer ça à une salamandre écrasée ou un paysan exproprié.
Il s'agit clairement de deux conceptions du monde qui s'affrontent.
c'est peu dire qu"ils" ne sont pas prêts à entendre nos arguments...

Le 06-10-2014 à 09:00:25

Avatar Patrick Roger

bastide Gérard exprime très bien ce que j'ai ressenti au cours de ma carrière professionnelle , où j'ai parfois "bétonné" ou "aménagé dans l'intérêt général" en arguant de mesures compensatoires !
la nature ça vit, ça meurt , ça pousse ... et les compensations ne sont que des excuses à notre société de "développement" , de" bon climat des affaires" ...etc
mais comme rien n'est simple: j'ai aussi le souvenir de bons accompagnements paysagers d'infrastructures. Alors, dans quelle conception du monde , vais-je me ranger?

Le 20-11-2014 à 17:43:01

Avatar Patrick Roger

bastide Gérard exprime très bien ce que j'ai ressenti au cours de ma carrière professionnelle , où j'ai parfois "bétonné" ou "aménagé dans l'intérêt général" en arguant de mesures compensatoires !
la nature ça vit, ça meurt , ça pousse ... et les compensations ne sont que des excuses à notre société de "développement" , de" bon climat des affaires" ...etc
mais comme rien n'est simple: j'ai aussi le souvenir de bons accompagnements paysagers d'infrastructures. Alors, dans quelle conception du monde , vais-je me ranger?

Le 20-11-2014 à 17:43:23

Avatar Patrick Roger

bastide Gérard exprime très bien ce que j'ai ressenti au cours de ma carrière professionnelle , où j'ai parfois "bétonné" ou "aménagé dans l'intérêt général" en arguant de mesures compensatoires !
la nature ça vit, ça meurt , ça pousse ... et les compensations ne sont que des excuses à notre société de "développement" , de" bon climat des affaires" ...etc
mais comme rien n'est simple: j'ai aussi le souvenir de bons accompagnements paysagers d'infrastructures. Alors, dans quelle conception du monde , vais-je me ranger?

Le 20-11-2014 à 17:44:15

Avatar Patrick Roger

bastide Gérard exprime très bien ce que j'ai ressenti au cours de ma carrière professionnelle , où j'ai parfois "bétonné" ou "aménagé dans l'intérêt général" en arguant de mesures compensatoires !
la nature ça vit, ça meurt , ça pousse ... et les compensations ne sont que des excuses à notre société de "développement" , de" bon climat des affaires" ...etc
mais comme rien n'est simple: j'ai aussi le souvenir de bons accompagnements paysagers d'infrastructures. Alors, dans quelle conception du monde , vais-je me ranger?

Le 20-11-2014 à 17:44:49

Avatar Patrick Roger

bastide Gérard exprime très bien ce que j'ai ressenti au cours de ma carrière professionnelle , où j'ai parfois "bétonné" ou "aménagé dans l'intérêt général" en arguant de mesures compensatoires !
la nature ça vit, ça meurt , ça pousse ... et les compensations ne sont que des excuses à notre société de "développement" , de" bon climat des affaires" ...etc
mais comme rien n'est simple: j'ai aussi le souvenir de bons accompagnements paysagers d'infrastructures. Alors, dans quelle conception du monde , vais-je me ranger?

Le 20-11-2014 à 17:45:23

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