Pourquoi nous refusons ce projet

 

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Pourquoi nous refusons le projet de barrage de Sivens 

& Les alternatives au barrage de Sivens

 

Reportage de France 4 (L'Autre JT)

Sivens, la délinquance en col blanc (8 mn)

 

L’émission Terre à Terre de France Culture du 01/10/11 (interview le 23/10/14) :

Retour sur l'histoire du projet du barrage de Sivens (53 mn).

 

 

Synthèse écrite

Ce projet de barrage de Sivens est inacceptable pour de multiples raisons :

 

Il découle d’un conflit d’intérêts flagrant de la CACG qui a obtenu ce contrat juteux après avoir eu le monopole des études qui justifient le projet.

 

Il repose sur des études manipulées, sur une norme réglementaire fixée par la CACG elle-même, toutes choses que nous avons découvertes en 2013 dans le rapport de la CACG (2001) que le Conseil Général (CG 81) et la Préfecture ont refusé de communiquer depuis 2011.

 

Le processus d’élaboration du projet est un déni de démocratie : nulle concertation des associations de protection de l’environnent et des milieux aquatiques, avis défavorables cachés durant l’enquête publique, refus du CG 81 et de la Préfète de débattre en public et même de répondre à nos questions… La Préfète n’a pas suivi les avis des scientifiques, des experts nationaux, de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de Pêche et des milieux aquatiques, des services de l’Etat chargés de l’eau (ONEMA)…

 

Ce serait un gouffre pour l’argent public avec un investissement annoncé de 8.4M € uniquement  sur fonds publics et un coût de fonctionnement de l’ordre de 360 000 €/an pendant 20 ans. Alors qu’il s’apprête à sacrifier une « zone humide majeure du département du point de vue de la biodiversité », le CG 81 refuse toujours de dire combien les irrigants paieront le m3 d’eau. Sur la base du barrage de Thérondel (82), ce serait maximum 50 €/an/ha (pour 2400 m3) soit une facturation de maximum 16000 €/an. C’est donc le contribuable qui paierait 95 % du coût de fonctionnement…

 

Il encouragerait la poursuite d’un modèle agricole productiviste défendu par la FNSEA depuis des décennies et qui est un échec total pour l’emploi, la santé (des paysans et des consommateurs), l’environnement, les finances publiques, etc… Sur le parcours du Tescou concerné par le barrage, il n’y a qu’une vingtaine d’irrigants aujourd’hui. C’est donc un investissement public d’environ 200 000 € par irrigant que le CG81 s’apprête à réaliser et sans aucune contrepartie sociale et environnementale ! Tout comme la Confédération Paysanne, nous réclamons que l’argent public bénéficie équitablement à tous les paysans et sur la base d’une agriculture paysanne agro-écologique.

 

Le projet sacrifierait la dernière zone humide importante du bassin du Tescou qui abrite au moins 94 espèces animales protégées et 353 espèces de plantes vasculaires. La compensation environnementale prévue à travers notamment la réhabilitation de 9 petites zones humides éparpillées sur le bassin n’est pas acceptée par les scientifiques et experts consultés lors de la procédure.

 

Ce projet est donc en complète contradiction avec les beaux discours du Conseil Général, de l’Agence de l’Eau et du gouvernement. Pour continuer à l’expliquer et à convaincre que les alternatives que nous proposons sont plus intéressantes pour l’intérêt général et moins coûteuses.

 

JANVIER 2015  : Position commune au Collectif Testet, FNE Midi-Pyrénées et la Confédération Paysanne

(communiqué de 2 pages et dossier de 15 pages)

 


 

Le Collectif bénéficie du soutien financier de la Fondation pour une Terre Humaine pour l'aider à mener à bien la mobilisation publique et médiatique nécessaire à la sauvegarde de la zone humide du Testet.



Les réactions

Avatar Michel Viers

Non à ce déni de démocratie !

Le 18-08-2014 à 13:56:17

Avatar lacoste nadine

Non à ce projet, laisser ma vallée vivre de belles années encore

Le 19-08-2014 à 07:41:52

Avatar Jean François WOLFF

Votre combat est tout ce qu'il y a de plus légitime. L'opération du conseil général et des intérêts qui sont derrière ne l'est pas du tout.Le déni de démocratie et la transgression des lois qui l'assurent prouvent que la façon dont leur démarche est menée n'est même pas légale.
Alors, puisque les "pouvoirs publics" sont les premiers à relativiser grandement la légalité, n'ayez pas trop de scrupules sur ce point!....
Courage....et audace!.....

Le 22-08-2014 à 19:26:08

Avatar DELPEUX Franck

Nous assistons ici comme ailleurs à une opération insensée de dévastation, motivée par des conflits d'intérêts opaques, sans aucune justification pertinente d''intérêt général, dans le mépris le plus total de la santé et l'environnement. Elle correspond de plus à des schémas périmés et néfastes de productivisme, des conceptions arriérées des structures économiques, qu'il est absolument urgent de dépasser. Je soutiens le soulèvement citoyen contre l'obscurantisme cynique et intéressé, souvent autocratique, de ces barons locaux aux vues rétrogrades d'Ancien Régime, et de leurs réseaux tentaculaires qui s'obstinent, avec le concours de la force publique, à ne pas vouloir comprendre les enjeux d'urgence environnementale de notre siècle, lesquels déterminent plus que jamais l'avenir de nos sociétés.
Il faut combattre" l'Infâme" , disait Voltaire. Ce projet est aussi un des nombreux visages de l'Infâme.
Franck DELPEUX

Le 29-08-2014 à 10:02:10

Avatar Jean-Nicolas AUDOUY

Encore un des derniers fragments de cours d'eau à peu près préservés livrés aux appétits insatiables du tout-irrigation, qui est ni plus ni moins que le cancer des plaines du Sud-Ouest! A entendre certains, en construisant un tel barrage on "crée" de la ressource en eau: rien n'est plus faux, la ressource en eau des nappes et des rivières est déterminée une fois pour toute par le climat et la géologie et on ne fait que la déplacer dans l'année (de l'hiver vers l'été) en la consommant au passage et en la restituant un peu plus polluée (quand on la restitue, ce qui est le cas d'une seule infime partie en matière d'irrigation).
Il y a juste une semaine passait un documentaire sur le Colorado, fleuve des Etats-Unis tellement bardé de barrages et de prélèvements pour irrigation qu'il n'atteint plus la mer depuis 16 ans. Un exemple à méditer et à ne surtout pas suivre...

Gérer l'eau, ce n'est pas tout accaparer à l'espèce humaine et à ses besoins égoïstes mais c'est trouver un équilibre permettant à l'home ET aux milieux naturels de subsister en harmonie! Cela passe par des économies d'eau et un choix de cultures moins avides du précieux liquide et certainement pas par une "bassine" de plus dans un Sud-Ouest largement "mité" par les retenues collinaires.

Le 01-09-2014 à 20:25:40

Avatar Gérard Lambert

Il est assez rigolo de noter que l'argument-étendard du "déni de démocratie" est toujours mis en avant lorsqu'une décision déplait à certains.
Nous sommes effectivement en démocratie, et pas en démocratie participative ou tout autre forme de forum social/AG d'étudiants.
Les élus sont nommées par le suffrage, et ensuite ils prennent des décisions.
Même si vous n'avez pas voté pour l'élu en question, le principe de la démocratie est que tout le monde se range ensuite au choix qui ressort des urnes.

Le 04-09-2014 à 10:30:47

Avatar O Sorojo

Sauf, cher Gérard, que "l'élu" s' éclaire bien comme il le peut... avec le concours d'une agence qui analyse d'une main et construira de l'autre... non seulement ce n'est effectivement pas participatif... mais en plus, in fine, la décision revient à des personnes qui non jamais reçu de suffrages... tout comme moi ou vous peut-être ...

Le 05-09-2014 à 11:00:51

Avatar Pierre BINON

En cette période de restriction budgétaire dans tous les domaines, il est irresponsable de s'entêter à vouloir investir dans un tel projet.
Satisfaire un modèle productiviste est un choix dépassé.

Le 08-09-2014 à 07:07:46

Avatar Gérard Lambert

Effectivement O Sorojo, l'élu qui ne fait pas comme vous l'entendez est forcément une buse, incapable de réfléchir par lui-même, et donc conseillé (instrumenté diriez-vous peut-être) par une mystérieuse agence secrète...
Maintenant, c'est la théorie du complot...

Le 09-09-2014 à 08:16:59

Avatar Laurent Le Guyader

A Gérard Lambert :
Nieriez vous que notre démocratie est simplement un habillage pour l'oligarchie?
Nieriez vous qu'une ministre de l'environnement qui parle de barrage hydroélectrique pour Sivens, n'est pas désinformée par une administration dont nombre de cadres espèrent un jour pantoufler dans le public, ou au moins sont influencés par les sbires de Xavier Beulin ?

Aucun rapport avec un quelconque complot. Juste de la bassesse humaine.
De fait une ministre de l'environnement, n'est pas élue.

Le 09-09-2014 à 20:20:02

Avatar Gérard Lambert

Bonjour, quelques commentaires :

- Tous les systèmes démocratiques deviennent des oligarchies de fait
- Encore une fois, vous sous-estimez les capacités de nos élites (même ceux élus via un suffrage indirect) : la ministre de l'environnement est peut-être tout à fait capable de dire des bêtises par elle-même, sans être influencée par qui que ce soit :-)
- Sans vouloir être désagréable, la désinformation/influence d'un ministre par un ou des groupes de pression dans un but précis est la définition même de la théorie du complot...

Le 10-09-2014 à 12:04:11

Avatar Jonathan Renoult

«la désinformation/influence d'un ministre par un ou des groupes de pression dans un but précis est la définition même de la théorie du complot…» Absolument pas. c'est la définition du lobbyisme. D'ailleurs, vous seul avez parlé de complot.

Néanmoins, vous avez tout à fait raison de rappeler que nous ne votons pas des décisions, mais des gens qui les prennent. Perso, je n'y vois aucun inconvénient. Le problème, c'est que Thierry Carcenac et Ségolène Royal sont des élus PS, et qu'ils n'ont probablement pas été élus pour appliquer des politiques de droite.
En outre, le pouvoir des acteurs politiques n'exclut pas la transparence sur leurs décisions; ce qui n'est visiblement pas le cas. Enfin, la démocratie, c'est aussi les contre-pouvoirs (médias, associations…), le débat citoyen, etc.

Le 10-09-2014 à 17:10:25

Avatar Gérard Lambert

Faites un échange ou mettez-vous d'accord :

http://www.sudouest.fr/2014/09/16/la-destruction-se-precise-1672735-2780.php

!!!

Le 17-09-2014 à 10:43:26

Avatar sebastien couillard

9 décembre 2013
CHARTE DE L'ENVIRONNEMENT DE 2004
Le peuple français,
Considérant :
Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l'émergence de
l'humanité ;
Que l'avenir et l'existence même de l'humanité sont indissociables de son milieu
naturel ;
Que l'environnement est le patrimoine commun des êtres humains ;
Que l'homme exerce une influence croissante sur les conditions de la vie et sur sa
propre évolution ;
Que la diversité biologique, l'épanouissement de la personne et le progrès des
sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de
production et par l'exploitation excessive des ressources naturelles ;
Que la préservation de l'environnement doit être recherchée au même titre que les
autres intérêts fondamentaux de la Nation ;
Qu'afin d'assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux
besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures
et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins,
Proclame :
ARTICLE 1er. Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et
respectueux de la santé.
ARTICLE 2. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à
l'amélioration de l'environnement.
ARTICLE 3. Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir
les atteintes qu'elle est susceptible de porter à l'environnement ou, à défaut, en
limiter les conséquences.
ARTICLE 4. Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu'elle
cause à l'environnement, dans les conditions définies par la loi.
ARTICLE 5. Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des
connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible
l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de
369 décembre 2013
précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en oeuvre de procédures
d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin
de parer à la réalisation du dommage.
ARTICLE 6. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement
durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de
l'environnement, le développement économique et le progrès social.
ARTICLE 7. Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies
par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les
autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une
incidence sur l'environnement.
ARTICLE 8. L'éducation et la formation à l'environnement doivent contribuer à
l'exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.
ARTICLE 9. La recherche et l'innovation doivent apporter leur concours à la
préservation et à la mise en valeur de l'environnement.
ARTICLE 10. La présente Charte inspire l'action européenne et internationale de la
France.

Le 26-10-2014 à 10:33:25

Avatar Ben AourH

Bar-rage fils de la rage : on a vu la première recolte funèbre.
On voit aussi la perte de sang froid de ce gouvernement sans soutien.
Crispation autoritaire, violence légale faute de profonde légitimité démocratique : quand les mots manquent aux hommes, les grenades parlent a leur place. C'est le résultat du test ...

Le 30-10-2014 à 19:44:50

Avatar Ben AourH

Bar-rage fils de la rage : on a vu la première recolte funèbre.
On voit aussi la perte de sang froid de ce gouvernement sans soutien.
Crispation autoritaire, violence légale faute de profonde légitimité démocratique : quand les mots manquent aux hommes, les grenades parlent a leur place. C'est le résultat du test ...

Le 30-10-2014 à 19:45:10

Avatar Bernard Viguié

Bravo pour la qualité des échanges sur ces posts, qui nous changent des posts que l'on peut voir sur Le Figaro ou ailleurs, venant de gens qui ne connaissent ni le dossier ni la région (et à plus forte raison Aristote et Platon) pour en venir au raisonnement de base suivant, "il faut de l'eau pour les agriculteurs DONC il faut construire Sivens"

Je veux dire à Christian Lambert, qui est partisan du barrage, que je suis tout à fait, mais tout à fait d'accord avec lui lorsqu'il écrit :
"Il est assez rigolo de noter que l'argument-étendard du "déni de démocratie" est toujours mis en avant lorsqu'une décision déplait à certains.
Nous sommes effectivement en démocratie, et pas en démocratie participative ou tout autre forme de forum social/AG d'étudiants.
Les élus sont nommées par le suffrage, et ensuite ils prennent des décisions.
Même si vous n'avez pas voté pour l'élu en question, le principe de la démocratie est que tout le monde se range ensuite au choix qui ressort des urnes."

Sauf que ce n'est pas du tout le problème à plus d'un titre
- très accessoirement, la décision administrative de construire est celle du préfet, qui n'est pas plus élu que je sache qu'un ministre
- mais surtout élire quelqu'un à Gaillac ou Rabastens (ou entre les deux) ne consiste pas à lui donner le droit de prendre des décisions illégales : il y a en effet des principes constitutionnels et des lois qui ont été votés par le peuple et prises par d'autres élus qui avaient été démocratiquement élus, principes et lois qui sont supérieurs en droit aux décisions règlementaires ou contractuelles des élus locaux.
J'approuve encore une fois totalement le texte de Christian Lambert... que je pourrais illustrer par exemple avec le raisonnement des agriculteurs et des chasseurs qui sont contre l'ours dans les Pyrénées : des normes juridiques supérieures (lois françaises et directives européennes) leur interdisent de supprimer l'ours, même si le supprimer correspondrait à la démocratie arrangée à leur sauce, ou au souhait de certains maires locaux démocratiquement élus.

Je lui propose amicalement de revoir son texte ainsi rédigé:
"Il est assez rigolo de noter que l'argument-étendard de la "démocratie" est toujours mis en avant lorsqu'une décision déplait à d'autres.
Nous sommes effectivement en démocratie, et pas en démocratie participative ou tout autre forme de forum social/AG d'étudiants.
Les élus sont nommées par le suffrage, et ensuite ils prennent des décisions, qui doivent bien entendu être conformes à la loi et aux règlements.
Même si vous n'avez pas voté pour l'élu en question, le principe de la démocratie est que tout le monde se range ensuite au choix qui ressort des urnes, et aux décisions légales qui sont prises par les élus."
Il me semble que c'est mieux, non ?

Le 01-11-2014 à 07:50:26

Avatar bernard Viguié

mes excuses à Gérard Lambert que j'ai appelé Christian, et à Christian par la même occasion

Le 04-11-2014 à 10:08:35

Avatar Thierry

les pénuries d'eau et d'arrosage, l'été,la plaie des agriculteurs, ce barrage serait vital et une aubaine pour tous, voyez Serre Ponçon aujourd'hui, bravo à ceux qui l'on construit, grâce à cette eau c'est tout le sud de la France qui fait travailler les maraîchers, les producteurs de fruits et autres, sans ce barrage la Provence serait à l'agonie depuis des années; des villes comme Savines le lac, et embrun, sont économiquement liées à ce barrage, toutes les villes méridionales utilisent l'eau de l'Ubaye et de la Durance pour la consommation des grandes villes comme Marseille et bien d'autres, réserve immense de truites et brochets pour tous les pêcheurs , nautisme,kayak, ski nautique, un paradis pour tous! Faites ce barrage, vous ne le regretterez pas, c'est de l'or à venir pour vous tous !

Le 04-11-2014 à 23:54:33

Avatar Jacqueline

@Thierry.

Exploitante de barrages pendant plus de trente ans, je connais bien ces problèmes et je me suis servi de Serre Ponçon, que je connais bien, comme contre exemple au projet du barrage de Sivens.

Je me souviens encore du discours du général de Gaulle lors de l'inauguration du barrage de Serre Ponçon qui est un succès à la fois pour l'écrétage des crues , pour la production d'énergie et pour l'irrigation de toute la vallée de la Durance. Mais ce n'est pas comparable à Sivens.

Le simple bon sens paysan voudrait qu'on ne cherche pas à capter l'eau pour constituer un stock pour l'irrigation à l'endroit même où on souffre du manque d'eau.

Même les romains l'avaient compris et ont créé des kilomètres d'acqueducs pour aller chercher l'eau , là où elle est en abondance..( et de bonne qualité )

Serre Ponçon, c'est les Alpes, avec un stock d'eau sous forme de neige en hiver. Stock qui est mesuré, évalué, pour gérer son remplissage. Avec une capacité gigantesque de 1 milliard 200 millions de m3.

Autre exemple pour le soutien d'étiage de la Basse Ardèche , le stock d'eau est pris sur un gros barrage dans le Mont Lozère, particulièrement arrosé et qu'on surnomme le château d'eau de la France puisque c'est la que prennent leur source : l 'Allier, le Tarn et le Lot, ( plus le Gardon ).

Les aménageurs raisonnent et font leurs calculs avec des débits moyens. Or dans la réalité on est jamais sur cette moyenne. Au quotidien, on passe d'un extrême à l'autre, extrêmes qui ont tendance à s'écarter et sont plus fréquents avec le réchauffement climatique. Des sécheresses qui démarrent très tôt dans la saison et se prolongent.

Ainsi c'est les années où on a le plus besoin d'eau pour l'irrigation, qu'on en manque.

Ou bien ce sont des orages très violents : dans les Cévennes on remplit un barrage de plusieurs millions de m3 en une journée, puis le barrage déverse et l'eau qui continue à arriver ( avec des débits parfois équivalents au fleuve le Rhône ) est perdue pour le stockage, mais elle est comptabilisée dans la moyenne. Puis derrière on va passer trois mois avec des débits très faibles.

J 'ai aussi exploit des petits barrages, comme Sivens, mais dans des endroits où la pluviométrie est plus importante que dans le Tarn, mais avec un bassin versant dix fois plus grand. Si bien que pour la même pluviométrie on a un débit entrant dix fois plus élevé.

J 'ai vu les problèmes arriver avec la loi sur l'eau qui a augmenté le débit réservé ( soutien d'étiage), passer de 1/40 ème du débit moyen ( sur plusieurs années ) à 1/20 ème, aujourd'hui ça doit être le 1/10 ème.

Sur une période sèche, pour le soutien d'étiage on lâche plus d'eau qu'il arrive, c'est ça le soutien d'étiage. Le niveau du barrage descend ( même sans turbiner, ni pomper) et si ça se prolonge on le vide ( ce qui est interdit ), donc demande de dérogation au préfet et là à Sivens, il ne serait plus question de pomper pour l'irrigation..

On se retrouve dans la situation d'avant le barrage, mais avec tous les inconvénients d'un barrage.

Sur Serre Ponçon on fait un remplissage annuel, on peut prévoir, on a toutes les infos utiles, mais sur un petit barrage c'est de la gestion à très court terme et il est difficile d'anticiper. Le Tescou connait des écarts importants et imprévisibles.

En voyant ce barrage de 1,5 millions de m3, moi ça me parle, j'en connais et ce petit bassin versant, les débits, ma première impression : en période de sécheresse ils ne rempliront jamais ce barrage.

Puis en regardant sur la carte, j'ai vu qu'une grande partie des ruisseaux était barrée par des retenues collinaires représentant 4 millions de m3, soit plus de deux fois la capacité du barrage. C 'est énorme.

Destinée à l'irrigation, c'est de l'eau qui ne retourne pas à la rivière elle se perd par évaporation , infiltration, absorption par les plantes. Ca augmente encore les chances de ne pas remplir le barrage de Sivens.

Puis j'en ai eu la confirmation avec le premier barrage du projet, Thérondel qui ne se remplissait pas, il a fallu ajouter une station de pompage sur le Tricounet.

http://www.collectif-testet.org/81+article-dans-le-tarn-libre-06-06-2013.html

Enfin sur Wikipédia, le débit entrant du Tescou en période sèche (quinquennale ) peut tomber à 1 litre par seconde. ( alors que le débit moyen est de 180l/s en aout)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tescou


Ca ne doit même pas compenser l'évaporation de la retenue : 0,55 l/s par hectare en France sur les trois mois d'été, ce barrage ferait 29 ha, soit 16 l/s qui partent dans l'atmosphère. Soit : 62 000 m3, perdus en trois mois. Le vent d'autan supposé dessécher les terres de cette région, doit aggraver le phénomène.

http://www.fne.asso.fr/documents/PDF/PositionFRAPNA_Retenuecollinaire.pdf



Si on rajoute le barrage de Sivens, on va retenir de l'eau dont une partie sera perdue en irrigation, et avant dix ans les riverains situés à l'aval réclameront un autre barrage parce qu'ils manquent d'eau, parce que les nappes phréatiques ne sont plus alimentées.

Les barrages créent souvent des conflits entre les riverains amont qui veulent retenir l'eau, soit pour l'irrigation des cultures ou d'un terrain de golf, ou pour une base de loisir nautiques et ceux de l'aval qui manquent d'eau, pour les mêmes raisons, avec des milliers de campeurs comme à Vallon Pont d' Arc.. Ca devient un problème sanitaire majeur. Ce sont alors les préfets qui interviennent.

Ca ne se résout pas au niveau d'un conseil général avec trois péquenots qui contribuent à la surproduction et à la pollution, et avec la seule FDSEA, ni même au niveau d'une seule région. L 'eau concerne tous les usagers et riverains.

L'argent public gaspillé ici ou ailleurs, en clientélisme électoral, concerne tous les contribuables.

Inconvénients d'un barrage presque vide :

Hormis le spectacle désolant de voir une flaque d'eau au fond d'un immense champ de vase, la masse d'eau stagnante ( car le débit de renouvellement est très faible ) se réchauffe assez vite sur toute la hauteur. Apparait alors le phénomène d'eutrophisation : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eutrophisation et la baisse de l'oxygène dissous.

Les feuilles accumulées au fond, dans un mélange de vase , commencent à fermenter et lorsque le niveau baisse on voit d'énormes bulles remonter à la surface. C 'est du méthane ! Tous les poissons ont le ventre à l'air.

Et comme pour le soutien d'étiage on prend l'eau en fond de barrage, c'est plus du purin que de l'eau qu'on envoie dans la rivière qu'on va polluer sur des kilomètres. Plus de poisson. Quid des prélèvements d'eau potable à l'aval ?

C 'est la hantise des exploitants de barrages (qui parfois ont été mal conçus), car chaque fois c'est un procès de la puissante fédération de pêche qui a mis fin aux excès du passé et je l'approuve entièrement, car elle contribue à la qualité de l'eau des rivières...

Quand aux agriculteurs intensifs, esclaves volontaires de la FNSEA dirigée par des producteurs d'engrais et de pesticides, esclaves des semenciers aujourd'hui, esclaves de l’industrie agro-alimentaire, ils nous empoisonnent et nous font bouffer de la merde.

Ils sont en train de tuer les abeilles.

C 'est drôle, ils ne pulvérisent jamais leur fumier ou leur lisier sur ceux qui les exploitent vraiment. A Toulouse ils se trompent de cible.

Cette agriculture là, qui en plus marche avec des subventions énormes elle peut crever. Il est temps qu'ils revoient leur façon de "travailler" s'ils veulent survivre.

Je les invite à regarder les vidéos de Claude Bourguignon sur Youtube.

Les engrais ont tué les vers de terre qui jouent un rôle important pour le développement des plantes, ainsi que d'autres bestioles. La terre est morte, ce n'est plus qu'un support mécanique. Les labours profonds sont inutiles, pire ils tassent trop la terre et l'eau ne s'infiltre plus dans le sol. Les sols sont lessivés. A chaque gros orage on a des inondations et des coulées de boue. Il n'y a plus de haies , ni de murets pour retenir un peu l'eau.. "On a inventé les crues en période de sècheresse" ; j'ajouterais "les inondations sans rivière" au pied d'une colline.

Tout mon soutien aux opposants à ce projet.

Le 05-11-2014 à 18:16:14

Avatar Jacqueline

J 'ai oublié de préciser : aussi bien à Serre Ponçon que pour d'autres barrages assurant l'irrigation d'une vallée, il y a une tranche d'eau réservée à cette fin, une autre pour le soutien d'étiage, mais elles représentent une petite part de la capacité du barrage dont la vocation première est d'assurer la production d'énergie pendant les pointes hivernales. Ces tranches sont prioritaires sur la production et garanties, mais on a aucun mal à les reconstituer chaque année, y compris pendant les années de sécheresse , car elles représentent peut être 20 % de la capacité utile du barrage. La sécheresse aura une influence uniquement sur la production qui sera réduite.

Vous comprenez la différence avec un barrage entièrement dédié à l'irrigation et au soutien d'étiage qui sont deux utilisations un peu antinomiques et dont les apports annuels ne garantissent pas son remplissage tous les ans.

Le 06-11-2014 à 02:52:04

Avatar Gérard Lambert

http://www.slate.fr/story/94369/sivens-barrage-camps

Le 07-11-2014 à 08:06:02

Avatar Bernard Viguié

@jacqueline - votre réponse argumentée me semble excellente mais je ne suis pas sûr que Thierry n'ait pas fait de l'humour en comparant Sivens à Serre Ponçon.

Le 07-11-2014 à 16:55:12

Avatar Jacqueline

@Bernard.

Merci de m'avoir lue.

Oui c'est bien possible, surtout avec la dernière phrase.

Mais ce n'est pas inutile de poursuivre l'argumentation, les problèmes de baignoires qui fuient et de robinets ont représenté un casse tête pour des générations.

Le 09-11-2014 à 14:52:08

Avatar Susie

Such an imrsespive answer! You've beaten us all with that!

Le 05-01-2015 à 11:04:50

Avatar Linda

Pleasing you should think of sotmnhieg like that

Le 06-01-2015 à 01:57:44

Avatar Roquiejonatan

elsewhere in discussions) that I am not avrsee to combat violence and the usually cartoony blood fountain violence in our games, but when it gets that more intimate human treatment, it gets very uncomfortable. Especially a game designed where you do need to kill/disable people to get through the story. If there were other ways to deal with opponents, then that may bring different depth to things. At least by comparison to the violent path. How these things also affect the protagonists is important, too. How they react and how human they feel as well through these atrocious times and situations. If they're just killing people brutally left and right, even for survival, without ever showing the impact or weight or remorse or any human residual effect from these things, then it'll have even less impact, imo, beyond it's just there to be realistic for people to make bloody patterns on walls with!' In many games, you're just mowing down random mooks and faceless/nameless thugs and never consider them again. Nor does the character think twice about them. But here, it's more up-close, intimate, facial and emotional reactions, brutality of gritty realism.' Except we don't know how the characters react to these things, if at all. I hope they do and that there is depth. Otherwise, like I said, it will mean little beyond how realistic you can kill someone. Also, I have issues with the set-up with the characters. We have the burly dude, who is some kind of trained military Sam Fisher dude. (Who couldn't see that coming as a protagonist?) And then we have a young-looking, tiny-bodied girl/young woman as a sidekick. Well, she is more like an escort mission or background NPC from everything they've shown so far. She's less situated in combat than Elena and Chloe and company. All she uses is a little dinky pen-knife as protection ? And just throws rocks/bricks at enemies to distract them? Really? Especially in this kind of world, where you have uber-trained Sam Fisher as your partner? Shouldn't he be focused on training her in self-defense and offense, and weapon play, and so forth? I'm not a fan of this set-up. The girl is the potential damsel/sidekick spiel. A trained black woman with young boy/young man as sidekick would've at least been something more interesting, something not generic-white-dude-soldier, imo.

Le 13-01-2015 à 08:55:37

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