Rappel historique des rapports d'experts

Depuis septembre 2013, le Collectif Testet réclamait aux 2 ministres concernés, aux Conseils généraux et au Conseil régional, des études indépendantes. En effet, ses analyses montraient que le barrage était surdimensionné, bénéficiait à peu d'agriculteurs et ne pouvait pas être subventionné par les fonds européens FEADER.

 

A partir d'octobre 2013, de nombreux citoyens, agriculteurs, élus, représentants associatifs et syndicaux ont soutenu cette demande et un moratoire dans l'attente des résultats de ces études indépendantes.

 

En avril 2014,dès sa nomimation au ministère chargé de l'écologie, nous avons fait cette demande écrite auprès de Ségolène Royal. Mais il aura fallu attendre une formidable mobilisation collective et non-violente le 8 septembre 2014, en plein chantier de défrichement de la zone humide, pour qu'elle accepte enfin d'envoyer deux experts. De manière scandaleuse, cette mission d'expertise n'a pas entraîné la suspension du chantier de défrichement sous haute protection militaire (plus d'une centaine de gendarmes et un hélicoptère). Le Collectif Testet et FNE avaient donc boycotté les experts pour faire pression mais cela n'a pas suffit. Après la destruction de la zone humide, nous avons rencontré les experts début octobre pour leur donner nos éléments précis (que le Ministère avait déjà reçu les mois précédents) avant la fin de leur mission.

 

Le premier rapport d'experts a été rendu public le 26 octobre 2014, mettant fin à la grève de la faim qui réclamait, depuis le 13 octobre, la garantie de cette diffusion publique auprès de la Ministre. Les experts reconnaissaient le bien fondé des arguments du Collectif Testet mais indiquaient, dans les conclusions du rapport (contrôlées par le Cabinet de la MInistre) que le chantier était trop avancé pour l'abandonner... Une véritable prime au passage en force !

 

Télécharger le 1er rapport (26/10/14)

 

Après que le gouvernement ait demandé aux gendarmes de réprimer les opposants, y compris avec des grenades militaires dont l'une a tué Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, il ne lui était plus possible de continuer à vouloir imposer par la force la poursuite du chantier. La mort de Rémi Fraisse était devenue une "affaire d'Etat" et il était devenu politiquement impossible de renvoyer les gendarmes réprimer les quelques 200 occupants du site oà cette période.

 

Ségolène Royal a alors pris l'initiative de lancer un processus de dialogue dans le but de faire un diagnostic partagé et de discuter de toutes les solutions possibles y compris celles du Collectif Testet. De novembre à janvier, le Collectif et FNE Midi-Pyrénées se sont donc mis autour d'une table avec les Conseil généraux et les chambres d'agriculture du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Un processus difficile animé par deux experts envoyés par la Ministre. Voyant progressivement que les experts ne valideraient pas la poursuite du chantier initial, la chambre d'agriculture du Tarn-et-Garonne (dirigée, comme dans le Tarn, par la FDSEA) a décidé de quitter la table des discussions, préférant tenter de pénétrer sur la ZAD pour s'en prendre aux occupants. Les experts ont donc rédigé seuls le rapport final en citant les positions des uns et des autres.

 

Télécharger le 2e rapport (16/01/2015)

 

Lors de la publication de ce 2e rapport le 19/01/15, Ségolène Royal a annoncé l'abandon du projet initial au profit de deux options incluant un ouvrage à Sivens. Le Collectif Testet, la Confédération Paysanne et FNE Midi-Pyrénées ont salué l'abandon du projet initial mais ont mis en garde les autorités publiques contre un 2e passage en force.

 

Nous avons fait ensemble des propositions de mesures à prendre dans une note de 15 pages envoyée à la Ministre le 16/01/15.

 

Le 6 mars 2015, le Conseil général du Tarn a voté une délibération actant l'abandon du projet initial (mais sans l'écrire formellement) au profit d'un barrage réduit sur le même site à Sivens (voir "Le Conseil Général s’obstine dans la mauvaise direction"). La ZAD du Testet a été aussitôt expulsée de manière musclée par des centaines de gendamres après un blocus indigne par la FNSEA pendant une semaine.

 

Depuis, il a été annoncé la signature, pour fin 2015, d'un protocole trasactionnel entre l'Etat et le Conseil départemental. Celui-ci formalisera l'abandon du projet initial et le dédommagement par les contribuables du Conseil départemental pour les pertes financières (découlant de ses erreurs et de celles de la CACG...).

 

Il a aussi été annoncé que le prochain projet souhaité par le Conseil départemental devra être inscrit dans un projet de territoire. Celui doit être élaboré à travers un processus incluant les associations environnementalistes dont le Collectif Testet et FNE Midi-Pyrénées. Un cadre national impose de discuter des pratiques agricoles et d'étudier toutes les solutions possibles, pas seulement celle d'une retenue d'eau comme celle envisagée actuellement (2 fois plus petite que le barrage initial). Nous nous appuierons sur notre note de 15 pages pour réclamer des études complémentaires et un vrai diagnostic partagé. Les discussions devraient démarrer début 2016.

 

 

 

 

 

 

 



Réagir


CAPTCHA