Avant 2011

Le projet de barrage sur le Tescou, remis à l’ordre du jour, ne date pas d’hier. Son “historique”, chacun le vit à sa façon en partant d’un certain nombre de faits indéniables.

 

Lucien LACOSTE, un ancien du pays, raconte son histoire :

 

"Pour quelques Euros de Plus…

Il était une fois dans la commune de Lisle sur Tarn, le long de la rivière du Tescou, une magnifique petite vallée située entre Bongen et Barat. Les touristes qui la découvrent, l’appellent « la petite Suisse ».
Malheureusement, depuis une cinquantaine d’années, celle-ci séduit de nombreuses personnes, pour des projets divers, mais qui tous, pour de multiples raisons s’avèrent particulièrement néfastes et sans aucun respect pour elle.
Heureusement, grâce à la ténacité de la population locale qui veille au grain, ceux-ci n’ont jamais pu être réalisés.
Le tout premier fut présenté aux habitants de la vallée et de ses environs en 1969 par quatre conseillers municipaux des secteurs environnants, mandatés par monsieur le maire de Lisle sur Tarn, « agent immobilier ». Ce devait être un complexe touristique de 2.500 hectares comprenant, entre autres, un grand lac de plus de 3 km de long, un héliport, un hippodrome et bien d’autres structures, toutes plus grandioses les unes que les autres. Ce projet, porté par une société privée, souhaitait acheter à très bon marché des terrains et spolier les habitants de la vallée, pour réaliser de gros bénéfices.
Ceux-ci, organisés en association de défense, ont, non sans mal, réussi à les débouter (à cette époque-là, le téléphone n’était pas dans chaque maison).
En 1976, le conseil général du Tarn achète la foret de Sivens qui englobe une partie de cette vallée ; Monsieur le Préfet du Tarn, venu la visiter, souhaite , vu qu’elle se trouve au centre d’un triangle : Albi – Toulouse – Montauban, qu’elle soit aménagée pour le tourisme.
En 1978, nouvelle relance du projet de barrage dans cette vallée, mais cette fois ce serait à des fins agricoles. Il est souhaité par un groupe d’agriculteurs de la basse vallée soutenus par la DDA et la Chambre d’Agriculture.
Rapidement, après quelques discussions difficiles, tout s’arrête à nouveau.
En 1982, un responsable de la DDASS décide d’aider le SIVOM. du Gaillacois à implanter un immense dépôt d’ordures ménagères au Mas de Belle, sur la commune de Lisle sur Tarn, situé sur un coteau qui surplombe la vallée du Tescou. L’association de défense, en accord avec la municipalité, arrête le projet par délibération défavorable du conseil municipal en date du 30 août 1982.
En 1983, le lac renaît, les habitants de « la petite Suisse » sont à nouveau conviés à une réunion à l’école de Barat ; étaient présents Monsieur le conseiller général maire de Lisle sur Tarn, un représentant de la Chambre d’agriculture, un responsable d’Adour Garonne et des techniciens de la Compagnie d’Aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) qui, surtout, demandent l’autorisation d’entrer dans les propriétés pour réaliser des études, chose qui leur est formellement interdite par les exploitants. Au cours de cette réunion, le conseiller municipal du secteur propose un autre site, plus haut dans la vallée du Grate (affluent du Tescou), qui semble bien plus approprié, mais cette hypothèse n’est pas retenue et encore une fois tout s’endort.
En 1983, nouvelle alerte pollution : la commune de Castelnau de Montmiral est en cours d’enfouissement d’ordures ménagères dans un terrain privé bordant le Tescou, avec une tranchée, déjà remplie et rebouchée, qui se déverse directement dans la rivière. Immédiatement l’association prend les mesures nécessaires et environ 1.500 tonnes restantes sont enlevées, mais malheureusement ce qui est enfoui, y reste.
En 1997, l’un des propriétaires les plus concernés par les problèmes, décède. En 2000, un second prend sa retraite et c’est son fils, jeune agriculteur, reprend l’exploitation avec dans son dossier d’installation la prévision d’achat des terrains d’un troisième éleveur âgé de 80 ans qui désire se retirer bientôt.
En 2001, les habitants de la vallée sont invités à une réunion a la mairie de Lisle sur Tarn, présidée par un responsable du projet de barrage de Sivens à la CACG. Le successeur de l’exploitant décédé donne l’autorisation de pénétrer sur les terrains.
Au moment de la vente de la propriété de l’exploitant âgé, le conseil général du Tarn fait préemption et achète le bien. Il accorde l’autorisation d’exploiter une moitié des terres au jeune agriculteur et l’autre moitié au repreneur de l’exploitant décédé. Des études sont réalisées et, en 2009, au cours d’une nouvelle réunion, la responsable de la CACG dévoile le schéma de la future réalisation : une retenue de un million et demi de m3, étendue sur 45 hectares, avec une digue très coûteuse à réaliser, le tout pour un coût estimé à 9 millions d’euros en novembre 2011 !
L’enjeu en vaut-il la peine ? Pour quelques tonnes de maïs de plus, quand le prix du quintal de blé est aussi rémunérateur que celui du maïs, et à moindre coût !
Détruire irrémédiablement une des plus importantes zones humides du département, comportant un très riche écosystème et qui, en plus, sert à réguler le débit de la rivière.
Étrangler en leur noyant des terres, des éleveurs soucieux du respect de l’environnement et qui privilégient le pacage plutôt que l’ensilage.
Alors, jolie PETITE SUISSE, va-t-on, pour quelques euros de plus, te défigurer au point que plus personne ne te reconnaîtra ! Enfin, espérons que la voie de la raison l’emportera et que tu resteras pour toujours une très, très belle vallée."

Le rapport fondateur CACG 2001

Synthèse de l'analyse du Collectif des 2 rapports CACG

Télécharger le rapport CACG 2001

Analyse du Collectif sur le rapport 2001

Actualisation en 2009

Analyse de l'actualisation 2009



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