Thierry Carcenac n’ose pas avouer qu’il offre 230 000 € d’investissement public par irrigant !

Gaillac, 6 octobre 2014

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Thierry Carcenac n’ose pas avouer qu’il offre 230 000 €

d’investissement public par irrigant !

 

Aujourd’hui, 6 octobre 2014, Roland FOURCARD est en grève de la faim depuis 41 jours, Gilles OLIVET et Christian CONRAD depuis 35 jours ! Avec le Collectif, ils réclament seulement au Conseil Général des réponses aux questions posées depuis un an et un débat public contradictoire pour que chacun expose ses arguments.

 

 

Malgré de nombreux courriers, malgré des concerts de casseroles (janvier et juin 2013) pour dénoncer son silence, Thierry Carcenac refuse toujours de répondre aux questions. Depuis le 23 septembre, il n’a même pas répondu à la dernière invitation au débat contradictoire que plusieurs médias (Le Tarn Libre, la radio 100% et le Blog Politique de France 3) ont proposé et que le Collectif a tout de suite accepté.

 

Parmi les questions qui font peur au Président du CG 81, il y a celles concernant les besoins agricoles qui représenteraient 70 % de l’eau retenue dans le barrage : Quelle est la surface irriguée concernée par le barrage de Sivens et qui sera plafonnée comme le CG l’affirme ? Comment est-elle répartie sur le territoire, sur le parcours du Tescou ? Combien d’agriculteurs s’engagent aujourd’hui à acheter de l’eau du barrage de Sivens et pour combien d’ha ? Quels sont les types de cultures concernées (en hectares ou en proportion) ?

 

La Chambre d’Agriculture affirme régulièrement que 82 agriculteurs seront bénéficiaires du barrage. En fait les 82 listés dans le dossier d’enquêtes publiques sont les propriétaires agricoles de terrains bordant le Tescou, qu’ils soient intéressés ou non par l’irrigation. Selon les demandes d’autorisation de pompage dans le Tescou en 2014, il y a seulement 12 irrigants tarnais. S’y ajoutent maximum 7 irrigants pour le tronçon concerné dans les départements 31 et 82, ce qui fait un total de 19 irrigants maximum en 2014. Nous sommes loin des 82… A la demande des experts du MEDDE, la Chambre d’Agriculture est en train de courir après les irrigants potentiels. « A nous de nous débrouiller que sur les 82 ils soient 50 au moins à avoir besoin d’eau pour développer leur production » a déclaré son président au Tarn Libre (édition du 19/09/14). Il ajoute « On peut imaginer demain inciter des agriculteurs à irriguer du blé pour sécuriser leur rendement en avril mai ou juin ».

 

Il semble bien que l’analyse du Collectif démontrant que seulement une vingtaine d’irrigants seraient concernés soit confirmée et c’est sans doute ce que Thierry Carcenac refuse d’avouer… Sur la base d’un investissement de 8,4 M€ dont 70 % seraient destinés à l’irrigation soit 5,8 M€, cela ferait donc une moyenne de 235 200 € d’investissement public par irrigant dans une version optimiste de 25 irrigants. Ces 5.8 M€ seraient utile à un plus grand nombre d’agriculteurs dans la vallée et avec des meilleures garanties de revenus sur le long terme s’ils étaient utilisés à développer les filières de vente directe à la restauration collective notamment scolaire puisque ce sont les pouvoirs publics qui sont les acheteurs.

 

La question des surfaces irriguées est primordiale pour définir les volumes d’eau nécessaires pour l’agriculture. Dans le Plan de Gestion des Etiages (2003), les élus avaient repris le chiffre de la CACG de 309 ha concernés par le barrage de Sivens (les irrigants de l’aval du Tescou étant réalimentés par le barrage de Thérondel en service depuis 2010). Sur ces 309 ha, il y avait 270 ha dans le Tarn. Sur ce tronçon, selon la Chambre d’Agriculture 81, seulement 155 ha étaient irrigués en 2011. Et les surfaces ont encore baissé récemment, de 33 % entre 2013 et 2014 pour le Tescou et le Tescounet (124 au total dans le Tarn). L’exemple du barrage de Fourogue montre que la CACG a tendance à exagérer les chiffres : elle reconnait elle-même que ses prévisions étaient de 400 ha alors qu’il y avait seulement 214 ha en 2011 irrigués à partir du barrage soit presque moitié moins…

 

Le CG refuse également de dire quels sont les types de cultures concernées (en hectares ou en proportion). La CACG a basé les besoins d’eau sur la culture du maïs, selon elle dominant sur le bassin. Pourtant, les agriculteurs ayant fait évoluer leurs cultures pour s’adapter à la ressource en eau, le maïs n’est plus du tout dominant. On sait que des contrats juteux de maïs semence sont régulièrement proposés aux irrigants du bassin mais qu’il leur faudrait beaucoup plus d’eau. Alors, développement du maïs irrigué ou pas ?

 

Alors que les travaux avancent sur place depuis 5 semaines, avec l’aide de près de 200 gendarmes, le CG 81 n’est toujours pas capable de démontrer les besoins agricoles qui justifient un tel barrage. Faudra-t-il que des grévistes meurent de faim pour que Thierry Carcenac assume enfin ses responsabilités ?

 

Contact médias : Ben Lefetey 06 99 26 60 66



Les réactions

Avatar Pierre

il n'y a pas de mot assez fort pour exprimer mon indignation devant un tel gaspillage, la destruction d'un milieu naturel de biodiversité et en plus de la perte de 35 hectares de terres agricoles, tout ça pour moins de dix agriculteurs.

Le 07-10-2014 à 06:32:46

Avatar André IRLINGER

T. Carcenic se comporte en petit potenta local fort de son impunité car en totale symbiose avec la "droitisation" du parti soi-disant socialiste et la tendance mondiale au nouvel ordre ultra libéral.
Ce que ce monsieur ignore, perdu dans son rêve de croissance illimitée, c'est l'émergence d'un nouveau paradigme dont les "Zadistes" sont le porte drapeau et qui fait appel à des notions, des visions, des valeurs totalement opposées: décroissance, solidarité, imagination, simplicité volontaire, etc.
Monsieur Carcenic, élevez votre conscience...

Le 07-10-2014 à 13:31:10

Réagir


CAPTCHA