Attitude méprisante du Conseil départemental et Justice à double vitesse

Lisle sur Tarn, 21 mai 2015

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Attitude méprisante du Conseil départemental

et Justice à double vitesse

 

Ce jeudi 21 mai 2015, une délégation du Collectif Testet et de la Confédération Paysanne du Tarn a été reçue par le Préfet du Tarn dura nt 1h30. Cette deuxième rencontre faisait suite à celle du 1er avril 2015 qui avait enfin ouvert enfin un processus de dialogue entre l’Etat et des organisations opposées à tout barrage à Sivens.

 

Près de trois mois après le courrier de la Ministre Ségolène Royal à Thierry Carcenac, le projet de protocole transactionnel entre l’Etat et le Conseil départemental n’est pas encore finalisé. Sa signature par les deux institutions marquera l’abandon officiel et juridique du projet initial de barrage de Sivens. Elle permettra ainsi à l’Etat de lancer le processus d’élaboration, avec les différents acteurs concernés, du projet de territoire qui remplacera le projet initial de barrage.

 

Dans l’attente de ces mesures de moyen terme, la seule action du conseil départemental est de planifier la destruction de la Métairie Neuve, ferme qu’il a abandonnée depuis son acquisition en 2002. Elle a été restaurée et occupée par des défenseurs de la zone humide du Testet à plusieurs reprises depuis fin 2013. Utilisant des prétextes fallacieux de mise en danger, Thierry Carcenac s’apprête à gaspiller à nouveau des fonds publics en rasant une ferme classée au patrimoine remarquable de Lisle sur Tarn. Pour la Confédération Paysanne, « il serait choquant que cette ferme soit détruite alors que tant de jeunes cherchent des terres agricoles avec du batî. Le simple bon sens voudrait que le Conseil départemental mette cette ferme en vente ! ». La volonté de détruire ce patrimoine public risque d’entraîner de nouvelles mobilisations à Sivens alors qu’il faut au contraire rechercher l’apaisement.  Pour sa part, le Préfet considère que cette destruction n’est plus justifiée.

 

Par contre, Thierry Carcenac n’a pris aucune initiative et il refuse même tout dialogue là où il est urgent d’agir. Ainsi, le Conseil départemental bloque l’accès aux prairies aux deux éleveurs qui exploitaient les terres de la vallée jusqu’au lancement du chantier en septembre 2014. C’est plus d’une dizaine d’hectares d’herbages qui seront perdus si les éleveurs ne peuvent y mettre leurs bovins dans les prochaines semaines. Malgré les relances, Thierry Carcenac n'a pas donné suite à la demande de rendez vous faite à ce sujet par la Confédération Paysanne. Le syndicat agricole demande qu’une solution équitable soit mise en œuvre de toute urgence au bénéfice des deux éleveurs concernés.

 

Même immobilisme concernant la réhabilitation de la zone humide du Testet alors que chaque jour qui passe condamne un peu plus sa survie. Ces travaux sont également demandés dans le rapport d’experts de janvier 2015 qui indique (recommandation 18) : « Dans toutes les hypothèses, entreprendre dès que c’est possible la réhabilitation en zone humide de la partie du site de Sivens non impactée par le projet retenu ». Face à l’inaction du Conseil départemental, le Préfet va prendre l’initiative d’une concertation pour mener un diagnostic des travaux nécessaires à l’arrêt de la dégradation croissante de cet espace naturel protégé par la loi.

 

Lors de la conférence de presse qui a suivi cette rencontre préfectorale, Maître Dujardin, avocate défendant de nombreux opposants, a dénoncé l’inégalité de traitement par la Justice entre les partisans et les opposants au barrage. Les plaintes de victimes de violences par des forces de l’ordre ou des pro-barrages ne sont toujours pas instruites ou bien déjà classées sans suite. Pourtant quand il s’agit de poursuivre des opposants au barrage, la Justice se révèle particulièrement expéditive. Dans un courrier récent adressé au Préfet (ci-joint), le Collectif Testet s’est plaint de l’attitude partiale de certains gendarmes à l’occasion des manifestations légales et illégales menées dans le Tarn à l’initiative de syndicats FDSEA, JA et Coordination rurale de Midi-Pyrénées.

 

Face à l’attitude méprisante du Conseil départemental et de cette Justice à double vitesse, de nombreux opposants au barrage de Sivens commencent à perdre patience et envisagent de nouvelles mobilisations si cette situation n’évolue pas concrètement rapidement.

 

 

 



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