Une décision de justice met en lumière les mensonges des gendarmes et du gouvernement !

Lisle sur Tarn, 1er juillet 2015

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Sivens : une décision justice met en lumière
les mensonges des gendarmes et du gouvernement !

 

Ce jour, la chambre des Appels correctionnels de Toulouse a prononcé la relaxe de Yannick A., opposant au barrage de Sivens et injustement condamné le 17 septembre 2014 en comparution immédiate, pour des faits de violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Une vidéo tournée par un opposant avait été présentée en audience le 28 mai dernier car elle contredit totalement la version présentée aux juges par les gendarmes. Ceux qui sont accusés de violences sont en fait les victimes de violences commises par des gendarmes (voir communiqué du 28 mai 2015 « Non à l’impunité des gendarmes et des probarrages violents ! »).

 

Le Collectif se félicite de cette décision de justice. Elle démontre le discours mensonger de certains gendarmes du PSIG, du Préfet du Tarn et même du gouvernement sur la violence exercée par les opposants au barrage. En effet, ce gendarme blessé avec 45 jours d’ITT a souvent été mis en avant dans les communications officielles.

 

Le 6 octobre 2014, dans un Communiqué de presse « La retenue d'eau de Sivens : une opposition radicale qui menace la sécurité des ouvriers et des forces de l’ordre », la Préfecture du Tarn indiquait : « Les forces de l’ordre sont là pour faire appliquer la loi. Les gendarmes le font avec discernement et engagement. 7 militaires blessés (dont 1 avec 45 jours d’ITT) sont déjà à déplorer à ce jour. Thierry Gentilhomme, préfet du Tarn, tient à saluer le travail effectué par les gendarmes du groupement départemental et les forces mobiles ».

 

Dans la vidéo sur cette affaire, c’est bien la violence de gendarmes du PSIG, le 15 septembre 2014, contre les défenseurs de la zone humide (coup de pied au thorax, dans la tête, tirs de flashball à courte distance…) qui menace la sécurité de manifestants pacifiques et non l’inverse ! Pire,  le lendemain de ce communiqué préfectoral, ont lieu deux comportements inacceptables de gendarmes, reconnus comme tels ensuite par  l’IGGN le 02/12/14 dans son RAPPORT* : Coups portés à un manifestant à terre au cours d'une vague de refoulement le 07 octobre 2014 matin (vidéo) et jet d’une grenade grenade de désencerclement (qui projette 18 billes de caoutchouc à 15m) dans une caravane blessant gravement une opposante (Elsa Moulin, vidéo).

 

Après la mort de Rémi Fraisse, Cazeneuve n’a pas hésité à exagérer les chiffres sur le nombre de blessés parmi les forces de l’ordre (29 octobre 2014 sur Europe 1: « Je veux rappeler qu’à Sivens, depuis le début du mois de septembre, 56 policiers et gendarmes ont été blessés, qu’il y a eu 81 procédures judiciaires d’ouvertes ». Déclaration contredite ensuite par le rapport de l’IGGN qui calcule qu’ « Entre la fin août et le 25 octobre inclus, les forces de l'ordre subissent sur le site de Sivens 13 agressions physiques enregistrées faisant l'objet de 11 plaintes (ITT allant jusqu'à 45 jours) ». Pour justifier l’intervention violente des forces de l’ordre le week-end des 25 et 26 octobre 2014, et notamment l’usage de grenades offensives dont l’une tua Rémi Fraisse, le gouvernement n’a pas hésité à mentir. Dans la réalité, avant ce week-end là, seuls 6 gendarmes ont été blessés dont certains eux-mêmes comme ce gendarme se blessant au pied en trébuchant tout seul début septembre…

 

Alors que des dizaines d’opposants au barrage de Sivens ont été blessés par les forces de l’ordre (voir un premier relevé dans un article de Médiapart) et par des milices pro-barrages (mi-septembre**, début février, début mars…), la décision de justice de ce jour ne doit pas occulter qu’aucune de ces agressions n’a été sanctionnée à ce jour. Beaucoup d’agresseurs ont agi sous le regard indifférent de gendarmes et de nombreuses plaintes d’opposants ont été classées sans suite. C’est sans doute cette impunité qui a conduit à l’incendie criminelle de la Métairie Neuve le 28 mai 2015 suivie par sa scandaleuse démolition par les pouvoirs publics. Malgré la bonne nouvelle de ce jour, l’attitude de la gendarmerie et de la justice à Sivens est donc encore loin d’être impartiale !

 

Réaction ci-dessous de Maître Dujardin

 

*Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale, 02/12/14 « RAPPORT d'enquête administrative relative à la conduite des opérations de maintien de l'ordre dans le cadre du projet de barrage de Sivens (Tarn). »

 

**Voir Chap 9 « Terroriser les opposants… jusqu’à la mort » dans « Sivens, un barrage contre la démocratie », Ben Lefetey, Ed. Les petits matins.

 

Réaction de

Maître Claire DUJARDIN

 

Yannick a été relaxé. C'est une très bonne nouvelle.

 

C'est une victoire pour les droits de la défense car la cour a reconnu la validité de la vidéo qui apporte la preuve des faits et contredit les PV de gendarmes. Cela démontre que lorsque l'enquête est faite à charge et à décharge, de manière objective et faisant participer la défense, les condamnations peuvent être évitées. Dans cette affaire, les gendarmes ont mené leur propre enquête, en refusant d'entendre les témoins et en écartant la vidéo.

 

C'est également une victoire pour les militants écologistes de Sivens. Le ministère public a voulu faire croire à l'opinion que les opposants étaient des personnes violentes. Le discours étatique et les communiqués de presse reposaient sur cette vision caricaturale. Une nouvelle fois, les personnes présentées en comparution immédiate ont été relaxées, comme plusieurs opposants présentés devant el tribunal correctionnel tout au long de la période d'occupation du site de Sivens.

 

Enfin, cela démontre que l'intervention des membres du PSIG a été très violente sur le site de Sivens et qu'ils n'hésitent pas à affirmer avoir vu des violences et reconnaitre formellement les auteurs de ces violences alors que la réalité est tout autre.

 

Cette victoire est en demi teinte néanmoins puisque Gaetan a été condamné. Sa peine a cependant été diminuée, passant de trois mois avec sursis à 60 jours amende à 15 euros. Ces memes gendarmes qui ont menti, ont affirmé avoir vu Gaetan commettre de violences et la condamnation de Gaetan repose uniquement sur ces déclarations.

 

Enfin, le fichage d'opinion continue puisque la Cour a condamné Yannick à une peine de 30 jours amende à 10 euros pour le refus de se soumettre à un prélèvement biologique, malgré la relaxe au principal.

 

Maître Claire DUJARDIN
 

Article dans Médiapart qui complète ces éléments

 

Reportage sur France 3 Midi-Pyrénées

 

 

 

 

 



Les réactions

Avatar Josiane

N'y a t' il pas moyen de faire diffuser un droit de réponse-même temps de diffusion et aux heures de grandes écoutes - par tous les médias qui ont diffusés ces fausses informations sans enquêter sur les propos de Cazeneuve ?

Le 05-07-2015 à 07:51:21

Avatar jacques NICOLAS

IL y a lieu d'espérer que toute poursuite contre les défenseurs de la zone du Testet cessent et que l'ensemble des personnes accusées soient relaxées.
j'étais sur la zone au lendemain de la première intervention policière au mois de mai 2014, j'ai pu "aider" un zadiste à s'éloigner en le transférant vers Gaillac alors que ce dernier avait plus que probablement des côtes pour le moins froissées et des marques corporelles qui disaient bien la violence qui s'était déroulée ce 15 (?) mai sur les lieux.
Enfin, je suis retourné ce mois de juin dernier voir la situation sur les lieux et j'ai pu constaté de visu la situation actuelle.

Le 06-07-2015 à 07:06:55

Avatar OLIVIER

Pour surprenant que cela puisse paraître aux membres de ce collectif, je suis ou plus exactement j'ai été gendarme. Dès la mort tragique de Rémi FRAISSE, je me suis intéressé à ce barrage de la honte, découvrant certaines images de violences perpétrées par des militaires de la gendarmerie. "Comparaison n'étant pas toujours raison", Sivens est, pour la gendarmerie, semblable à l'affaire tristement célèbre de la paillote "chez Francis". Le droit se révélant inadapté ou limité pour régler "pacifiquement" et "démocratiquement" une situation, la volonté manquant d'ailleurs pour parvenir à une telle solution, pris entre le marteau et l'enclume, soutenus dans leurs agissements, quelques représentants de l'ordre impuissants ont commis des violences qui n'ont rien de légitimes. Plus grave encore, des opposants au barrage ont été poursuivies sur la foi de déclarations mensongères. Comment ne pas être scandalisés et effrayés par de telles pratiques ? Ces photos où l'on voir des gendarmes pactiser avec des "pro barrages", les méthodes punitives de ces miliciens rappellent celles de la Gestapo ou du KKK, affublés d'une blouse avec les inscription PLP ("pue la pisse"), m'ont consterné. Le politique qu'il soit local et national doit endosser la pleine et entière responsabilité de ce drame. Qui a décidé de placer les gendarmes dans une telle situation ? Qui, la nuit du drame a décidé de tenir un terrain ne présentant aucun intérêt tactique ? J'ai lu le passage du rapport établi par l'IGGN à ce sujet. Cette idée géniale serait celle du commandant de Groupement. Brillant saint-cyrien et breveté de l'école de guerre, au vu des événements de la nuit précédente, de la topographie des lieux et des modes opératoires des "adversaires", ce pré positionnement en prévision de la reprise des travaux est une absurdité totale. Le gendarme mobile auteur du jet de grenade n'est qu'à l'autre bout d'une chaîne défaillante. Nous sommes dans un Etat de droit et les policiers et gendarmes sont au service de cet Etat et non pas d'intérêts particuliers. Dans une Démocratie, ces serviteurs ont des comptes à rendre aux citoyens et le juge judiciaire et le juge administratif avec lui sont là pour sanctionner tout dérapage. Outre les déclarations surprenantes du Ministre de l'intérieur quant à sa connaissance rapide du drame, "personne" ne semble s'être étonné de ses déclarations quant à l'inexistence de doctrine d'emploi concernant cette grenade offensive modèle F1. C'est pourtant, si je me réfère à la jurisprudence constante de la CEDH, une cause de violation de l'article 2.2 de la convention européenne des droits de l'homme ? Le contrôle de conventionnalité impose que la question soit posée au médiatique directeur général de la gendarmerie nationale et au Ministre de l'intérieur et qu'ils y répondent. De même, comment le 1er flic de France, la responsabilité du fait personnel prévalant en droit pénal, peut-il déclarer devant la presse, Europe 1 je crois, que Rémi FRAISSE est mort parce que d'autres que lui ont commis d'inacceptables violences à l'encontre des forces de l'ordre ? Comme le rappelle l'IGPN dans son rapport, le recours à la violence et donc aux armes ne se justifie et ne se légitime que vis-à-vis des seuls auteurs de violence. Rémi aurait donc été tué parce qu'il se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment ? Le Ministre de l'intérieur étant bien informé, ces déclarations devraient, à mon sens, intéresser les magistrats chargés d'instruire le dossier sur la mort de Rémi FRAISSE. Seule la mise en examen du gendarme mobile doit permettre de faire toute la lumière sur ce drame. Cette décision n'est, peut-être, qu'un début...

Le 06-07-2015 à 09:35:07

Avatar Bernard Viguié

Est-ce que TOUS les opposants au barrage pourront se demander un jour pourquoi l'opposition au barrage se trouve DANS UNE POSITION DEFENSIVE depuis la mort de Rémi Fraisse ?
Claire Dujardin, qui se félicite aujourd'hui, ne faisait-elle pas partie de ceux qui ont soutenu en novembre et décembre dernier qu'on ne pouvait pas faire un référé car la condition d'urgence n'était pas remplie, ce qui était une ineptie ?
Ne faisait-elle pas partie de ceux, qui, en lieu et place de se battre devant la justice après la mort de Rémi, ont ouvertement préconisé la politique de "sortie de crise" et le renoncement à la bataille judiciaire offensive ?
N'a-t-elle pas dit et écrit alors qu'elle allait se servir d'une éventuelle abrogation administrative pour défendre des gens poursuivis pour des faits antérieurs à la fameuse abrogation ? Une autre ineptie grossière.

Est-ce que TOUS les opposants au barrage vont enfin pouvoir s'interroger sur tout ce qui s'est passé depuis la mort de Rémi.
POURQUOI, AUCUNE décision de justice n'a été rendue en faveur des opposants à ce jour sur les arrêtés qui ont permis le barrage. voilà une question à se poser.

Le 06-07-2015 à 11:11:54

Avatar michel ganseman

Une belle victoire pour les opposants au barrage,mais la lutte est loin d'être finie.la justice a été à la hauteur pour cette fois ci,et il faut continuer à militer pour des solutions équitables pour tous , en faisant preuves de tolérance mais aussi de détermination envers ceux qui revendiquent toujours plus de gigantisme et de non respect de notre environnement.

Le 06-07-2015 à 11:33:08

Avatar Sophie

Enfin une nouvelle qui ne retourne pas l'estomac !
J'ai pensé en le lisant exactement la même chose que Josiane : ces mensonges ont été proférés à des heures de grande écoute par des gens dits "responsables", donc il devrait y avoir un devoir de rectification officielle.
Je réitère ma demande d'une adresse postale pour envoyer une participation financière.
Merci de votre action pour la nature et bravo pour votre courage.
Sophie

Le 06-07-2015 à 12:00:21

Avatar brigitte.bourgin

une bonne nouvelle cette décision de justice. Moi aussi je suis allée en septembre au testet et est vécu l'arrivée des gardes mobiles avec la trouille au ventre car j'avais déjà eu echo de ce qui se passait avec les zadistes pacifiques . J'ai vu comment ils les insultaient gratuitement sans avoir reçu d'insultes eux-memes et comme ils les faisaient reculer , reculer sans ménagement juste par ordre suprème. J'était écoeurée. J'ai vu les dégats sur certains des flash balls . J'aurai pu etre leur mère à beaucoup. J'ai tremblée pour la mienne et eux aussi. Alors un peu de justice et que les gens n'associent pas zadistes et violence terrorisme, ils ne parlent que par médias interposés qui ont raconté n'importe quoi.

Le 07-07-2015 à 12:51:23

Avatar Collectif Testet

Monsieur Viguié,

Nous informons Claire Dujardin de votre commentaire afin qu’elle puisse réagir également si elle le souhaite. En tant que Collectif Testet, nous pouvons déjà vous répondre sur la décision de ne pas faire de référé en novembre : les raisons vous ont déjà été apportées par l’avocate du Collectif (Alice Terrasse) et par Ben. Face au risque de perdre du fait que nous aurions eu affaire au même juge administratif de Toulouse qui avait déjà rejeté par deux fois nos référés (sans aucune argumentation juridique !), nous avions considéré qu’il n’y avait pas urgence à faire un référé puisque les travaux été officiellement suspendus pour au moins deux mois. Avec le rapport des experts et la procédure d’infraction européenne qui nous donnaient raison et donc plus de rapport de force pour obliger le CG et l’Etat à abandonner le projet initial, nous ne voulions être affaiblis par un nouveau rejet d’un référé à Toulouse. Il était prévu de faire un référé si les travaux risquaient de recommencer puisqu’alors cela valait la peine de prendre le risque évidemment (mais les travaux n’ont jamais recommencé depuis). Certains membres du Collectif avaient alors justifié par erreur cette décision du fait que « la condition d'urgence n'était pas remplie » (comme c’est le cas pour l’arrêté espèces protégées, d’où la confusion) mais il vous a bien été déjà répondu les réelles raisons de la décision du Collectif. Pour discréditer le Collectif, votre mauvaise fois est sans limite…

A ce jour, le barrage de Sivens devrait être inauguré. Au lendemain de la mort de Rémi Fraisse, la grande majorité des élus du CG demandait de reprendre les travaux après une semaine d’arrêt le temps que les enquêteurs analysent le terrain. Chacun peut constater que la stratégie du Collectif à l’époque les a empêché de reprendre les travaux et a permis que le projet initial soit abandonné (la 2e expertise à laquelle il a participé a permis de faire reconnaître l’absence de besoins pour la rivière, le refus des agriculteurs pro-barrages de payer l’eau à son juste prix, etc). Cette stratégie n’empêche nullement la justice de prononcer la relaxe d’opposants comme les dernières affaires viennent de le démontrer. Au-delà du soutien régulier à de nombreux inculpés et la dénonciation concrète de l’attitude inacceptable de membres de forces de l’ordre, le Collectif va poursuivre son combat pour empêcher tout barrage à Sivens puisque des alternatives sont clairement possibles. Vu le contexte, un nouveau projet de barrage à Sivens est loin d’être engagé sur le terrain mais si cela devait malheureusement arriver à l’avenir, le Collectif serait à nouveau mobilisé jour et nuit pour s’y opposer comme c’était le cas l’an dernier (contrairement à vous…).

Le 07-07-2015 à 18:39:46

Avatar Claire DUJARDIN

Je trouve fâcheux et dommageable de considérer et faire croire que la lutte de Sivens est en échec, que c'est en raison du choix juridique fait par les avocats !!


Les rejets des recours en référé suspension par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse ont été, bien entendu, ressentis comme des échecs et ont eu des conséquences négatives pour la lutte. Cependant, nous le savons et particulièrement, nous, avocats amenés à plaider devant les juridictions administratives, ces rejets ne sont nullement le fait de recours infondés juridiquement. Il s'agit d'autre chose, de l'opportunité de l'administration ou d'enjeux étatiques.

Lorsque je travaille sur un dossier avec d'autres confrères, avec des associations et des collectifs, des individus, je cherche à défendre au mieux les intérêts de celles et ceux que je défends, avec les moyens mis à disposition.

Il me semble que lorsque quelqu'un veut aider à la défense d'un intérêt ou d'une lutte, il doit apporter son soutien juridique, sa connaissance et proposer des stratégies juridiques pour aller de l'avant, dans un esprit collectif.

Nous avons tous été perturbés, marqués par la mort de Rémi et les décisions à prendre n'étaient pas faciles. Les choix juridiques étaient très complexes.

J'ai donné mon point de vue juridique en toute transparence et après des recherches sur le sujet pour éclairer au mieux le choix qui devrait être pris par une assemblée de personnes, sur les suites à donner à la lutte contre le projet de barrage.

Je suis loin d'avoir choisi d'abandonner la défense des opposants et avoir décidé de mettre fin à la bataille juridique. Chacun le sait il me semble.

Je trouve que le courrier de Monsieur Viguie au Procureur de la République et l'interpellation du Préfet, suite à la destruction de la Métairie, sont des actes positifs et constructifs, utiles pour la lutte. Plus on ajoute de compétences et de savoir-faire et plus nous serons efficaces.

Avoir des positions juridiques différentes est normale, d'autant, je le répète, que la question est complexe.

Par contre, affirmer que je sors des inepties et que j'ai renoncé à défendre les opposants, est particulièrement présomptueux, irrespectueux et mensonger.

La lutte est complexe, longue et il faudrait mieux s'aider plutôt que s'affronter inutilement...sauf à avoir des velléités autres et derrière la défense du Testet, défendre d'autres causes qui ne nous concernent pas !

Le 07-07-2015 à 23:46:31

Avatar Bernard Viguié

Chère Claire,

Bien sûr qu'il eut été préférable que TOUS les opposants au barrage qui avaient quelques compétences juridiques s'aident au lieu de s'affronter.
En ce qui me concerne, JE SAIS, et si tu permets à un confrère de te tutoyer, tu peux SAVOIR AISEMENT que j'ai proposé mon aide sans aucun état d'âme juste après la mort de Rémi.
Ma question est toujours simple : est-ce que Collectif Testet a choisi la bonne stratégie après la mort de Rémi, la stratégie que tu as appelée toi-même la stratégie de "sortie de crise" ?

Stratégie qui n'était pas la mienne C EST SUR ! MAIS JE N ETAIS DECIDEUR DE RIEN. Moi, j'étais pour ATTAQUER et marquer le coup en justice.

J AVAIS JUSTE PROPOSE MON AIDE BENEVOLE bien entendu, d'autant que j'ai arrêté la profession fin 2013.
Je crois que la suite m'a donné raison sur toute la ligne.
J'espère que tu le reconnaîtras un jour.

Confraternité critique.

Le 08-07-2015 à 08:04:16

Avatar Jean-Claude Egidio

Genèse du comité Sivens

A l'origine de mon engagement, je fréquentai d'abord le collectif des occupants Tant qu’il y aura des Bouilles, dès l’automne 2013, de même que plusieurs responsables du Testet sachant que les promoteurs du chantier s’apprêtaient à passer en force sans attendre le rendu des recours juridiques. Nous avions dans l'idée que, sans l'action des occupants, ce barrage serait déclaré illégal… une fois achevé comme à Fourogue.

Dans un souci d'unité et pour asseoir la cohésion des différents collectifs sur le terrain, j’ai également adhéré au collectif Testet en mars 2014, où je fis partie du cercle restreint du CA. J’avais donc un pied dans l’opposition légaliste et un autre chez les occupants.

Double poste d’observation, parfois inconfortable, certes, mais cependant privilégié.

Hormis le défaut de transparence des décisions prises dans le dos des militants, ainsi qu’une fâcheuse tendance à l’exercice solitaire du pouvoir de son porte-parole, le fonctionnement du collectif Testet me convenait, la qualité de l’engagement de ses militants forçait le respect.

Jusqu’à la mort de Rémi Fraisse.

Nous assistons tous alors à un effondrement de la lutte quasi instantané et, simultanément, à un spectaculaire réarmement des partisans du barrage.
Tous les observateurs se sont interrogés sur cette soudaine inversion du rapport de forces, et les hypothèses sont allées bon train. Pour les uns c’était la faute de militants violents, venus pour en découdre, qui avaient débordé les occupants de la première heure, et rapidement réduit la ZAD à un entre soi autodestructeur (alcool, sectarisme, violence etc.). Pour d’autres, l’échec provenait de l’incapacité à faire valoir le point de vue de la masse de la population locale opposée au barrage, et à la mobiliser, de sorte que les occupants étaient demeurés seuls face à la coalition des partisans du barrage : union sacrée des politiques de tous bords, forces de l’État menées par un préfet super-malin, syndicats agricoles anti –écolo, avec, en prime, les quelques fachos du coin.

Selon Viguié, l’effondrement de la lutte après la mort de Rémi serait dû à un deal entre le pouvoir et le collectif Testet via FNE national, jusqu’alors absent du débat (seul FNE Midi-Pyrénées assurait le service juridique jusque-là).

De quelle façon ? En ajoutant à la demande en annulation des arrêtés de 2013 autorisant le chantier, une demande d’abrogation, le collectif Testet et FNE aménageaient une sortie de crise en douceur pour les responsables, Thierry Carcenac au premier chef.

Accueilli avec scepticisme, Viguié multiplie les démonstrations pour expliquer en quoi il est aberrant, contre-productif, et quasi suicidaire pour la suite du mouvement de coupler demande en annulation et demande d’abrogation (pour plus de précisions voir sur son blog les articles traitant du sujet en question).

Dans la même perspective et dans le même temps, en novembre 2014, il préconise qu’un référé suspension soit déposé afin de consacrer juridiquement l’illégalité du chantier qui n’est suspendu que par le bon vouloir de Carcenac.

En effet, le moment paraît propice à Viguié pour arracher une décision de justice favorable aux opposants : le rapport des experts gouvernementaux vient d’être rendu public, la commission européenne épingle la France sur l’opportunité de ce barrage au regard de la loi sur l’eau et, enfin, le pays entier, ému par la mort du jeune manifestant, est attentif au bien-fondé des arguments des opposants.

Le collectif Testet refuse d’entendre Viguié.

C’est devant cette fin de non-recevoir, que ce dernier avance l’idée que le Testet et FNE ont fait à deal avec le pouvoir, d’où l’affaissement de l’opposition au barrage.

Le Testet rétorque en accusant Viguié d’être un diviseur.

Qui dit vrai ?

Pour en avoir le cœur net, il existe un moyen simple. Il consiste à savoir dans quels termes ont été lancées les attaques juridiques contre les porteurs du barrage et quels arguments ont été invoqués. En plus des requêtes introductives pour faire annuler les arrêtés initiaux d’octobre 2013 qui ont autorisé le chantier, un mémoire complémentaire aurait été déposé en janvier 2015. La divulgation de ces pièces, ne serait-ce qu’en interne, serait de nature à lever le doute quant à l’éventualité d’un arrangement dont la finalité était de sauver Carcenac et de maintenir le département au bénéfice de la majorité.
En tant que membre du collectif Testet, je demande à voir les pièces en question à partir de janvier 2015.

A ma grande surprise, il m’est répondu que cela n’allait pas être possible. J’insiste : j’estime que l’avocate censée défendre notre cause doit être en mesure de présenter son travail auprès des membres de ce collectif, d’autant que le dossier ne relève pas du pénal mais du droit administratif et que, de ce fait, nos adversaires, les porteurs du barrage (CACG, Conseil général, préfecture) sont eux-mêmes en possession de ces pièces. Quoi donc de plus normal que les opposants à ce barrage, a fortiori membres du collectif Testet, en aient connaissance ?

Plusieurs adhérents du Testet relaient ma demande oralement ou par courrier. Certains le font par lettre recommandée

Rien n’y fait. Les documents propres à lever la suspicion, à ressouder le mouvement fissuré, à relancer une dynamique unitaire, ces documents restent secrets.

Qui divise ? Ceux qui demandent à lever les zones d’ombre, ou ceux qui s’obstinent à cacher ce qui a vocation à être partagé ?

Ces questions en appellent une autre : la divulgation des documents en question ne donnerait-elle pas raison à Bernard Viguié ?
Le tout jeune comité Sivens qui attaque aujourd’hui les responsables de la destruction de la Métairie Neuve – le préfet Gentilhomme, le président du conseil départemental Thierry Carcenac, le maire de Lisle-sur-Tarn Maryline Lherm – a été créé dans ce contexte où le combat juridique mené par ceux qui en ont eu le monopole jusqu’à présent sont incapables de donner la preuve simple selon laquelle ils sont au-dessus de tout soupçon.

Le 10-07-2015 à 21:18:03

Avatar Ben Lefetey

Suite à la publication du texte ci-dessus de Jean-Claude Egidio sous l'intitulé « Qui divise ? (Sivens) » sur le blog d’Hélène Duffau, je réponds à ce texte sur mon blog car ma réponse est trop longue pour figurer en commentaire sur le sien.
Voir http://blogs.mediapart.fr/blog/ben-lefetey/160715/ma-reponse-jean-claude-egidio-sur-sivens
Ben

Le 16-07-2015 à 07:40:09

Avatar laurent du maquis

C'est quand même pas croyable que quel que soit le sujet initial (en l'occurrence là, enfin une victoire, qui par ailleurs démontre à quel point l'ennemi a menti sur toute la ligne) on en revienne à ce débat de merde. qui divise ? c'est une question pertinente, j'en pose une autre: pourquoi?

Le 25-08-2015 à 17:30:01

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