Réaction au communiqué de Thierry Carcenac

Lisle sur Tarn, 1er juin 2016

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

La mobilisation citoyenne oblige Thierry Carcenac à communiquer

mais les actes concrets se font attendre…

 

Mardi 31 mai 2016, 80 militants et sympathisants du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet et de la Confédération Paysanne sont allés se faire entendre avec casseroles, cloches et tambours sous les fenêtres du Préfet du Tarn et de Thierry Carcenac, président du conseil départemental (CD81). Ces derniers ont également reçu 2800 emails chacun à travers une cyberpétition déjà soutenue par plus de 2800 personnes en 36h.

 

Après un an de promesses non tenues, de courriers de la Confédération Paysanne à Thierry Carcenac sans réponse, il aura fallu manifester à nouveau pour obtenir enfin une réaction de sa part sur la réhabilitation de la zone humide et sur l’accès de deux éleveurs de Barat aux terres agricoles. En effet, le même jour, le Conseil départemental a diffusé un communiqué aux médias et sur son site web (copie page suivante). Son contenu montre qu’une fois de plus, Thierry Carcenac annonce des prétextes farfelus pour justifier de son inaction mais semble enfin décidé à agir.

 

Quelques jours plus tôt, Thierry Carcenac a d’abord déclaré au magazine Reporterre que la remise en état « se fera donc quand la CACG aura fini de nous transmettre les documents pour conclure ce transfert » des terrains achetés par la CACG dans le cadre du chantier de barrage initial. Pour expliquer son inaction depuis un an, le président du CD81 a osé argumenter qu’avec un salarié en congé maternité et un autre engagé dans un projet à l’étranger, plus personne à la CACG ne travaillerait sur le dossier de Sivens… Qui peut croire un seul instant que la CACG n’est pas en mesure de fournir des documents sur un dossier si sensible et alors qu’un conseiller départemental du Tarn siège à son conseil d’administration ?

 

Ayant sans doute pris conscience du ridicule de son argumentation, Thierry Carcenac accuse désormais le Collectif Testet de bloquer la réhabilitation et l’accès aux terres agricoles du fait que celui-ci a, avec FNE Midi-Pyrénées, attaqué le Protocole transactionnel Etat-Département devant le Tribunal administratif. Or, l’une des raisons du recours contre ce Protocole est justement que la remise en état de la zone humide n’est aucunement prévue dans ce contrat. Pire, le Protocole prévoit uniquement des mesures compensatoires qui sont strictement les mêmes que celles prévues dans l’arrêté interdépartemental du 03/10/2013, abrogé le 24/12/2015, et qui étaient dénoncées comme insuffisantes par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) puis par les experts missionnés par Ségolène Royal. 

 

La remise en état du site n’est jamais citée dans le Protocole sauf de manière ambigüe dans l’annexe 3 (point 2) du Protocole à propos de dépenses « à chiffrer ». Le Préfet refusant toujours de transmettre au Collectif les pièces justificatives concernées (N° 57-58-59), la confusion règne. Dans ce contexte d’opacité, les propos de Thierry Carcenac affirmant que ce Protocole « permet en particulier la remise en état de la zone humide, ainsi que son financement dans le cadre de l’enveloppe prévue à hauteur de 1,3 millions d’euros » sont à prendre avec prudence. Le Protocole le permet en effet, il ne l’interdit pas mais il ne l’impose pas non plus ! D’où, face à l’inaction du CD81 pour préparer la réhabilitation, la nécessaire mobilisation citoyenne en cours pour qu’il agisse enfin dans ce sens.

 

Preuve que les manifestations donnent de meilleurs résultats que le dialogue, Thierry Carcenac s’est enfin engagé publiquement à « programmer ces travaux » de remise en état de la zone humide. Etonnamment, alors que le Préfet écrivait récemment au Collectif que « sur les questions des terres et de la zone humide, la balle est à présent dans le camp du Conseil Départemental », celui-ci déclare qu’il programmera les travaux « dès que l’Etat en aura validé le cahier des charges »…  Cela fait plus d’un an que le Collectif demande au Préfet de procéder à une concertation en mettant en place un comité technique pour la réhabilitation de la zone humide incluant les associations environnementalistes concernées (APIFERA, Nature Midi-Pyrénées…). Un cahier des charges serait aujourd’hui finalisé sans concertation. Le Préfet et Thierry Carcenac n’ont vraiment pas tiré de leçon des conséquences de l’absence de concertation lors du projet de barrage initial !

 

Le Collectif se réjouit qu’après le mépris de Thierry Carcenac vis-à-vis des éleveurs de Barat, il s’engage « à reprendre les négociations initiées par son mandataire [NB : la CACG] avec les exploitants agricoles locaux afin de répondre à leurs attentes ». Mais il rappelle que la CACG n’a jamais négocié avec Pierre Lacoste et qu’il a perdu l’usage de 7 ha de prairies naturelles sans que le CD81 ne s’en émeuve. Le Collectif demande donc toujours la mise à disposition équitable des terres agricoles pour les deux éleveurs lésés.

 

En l’absence de réunion officielle avec le Collectif Testet et la Confédération Paysanne organisée par le Préfet ou le CD81 dans les prochains jours, nous serons dans l’obligation d’appeler nos membres et sympathisants à se rendre à Sivens fin juin pour agir par eux-mêmes sur ces questions d’intérêt général.

 

 

NB : le communiqué du CD81 ci-dessous, souligne « tous les déchets amoncelés par les occupants ». Le Collectif Testet a fait une note démontrant la manipulation qui a circulé sur Internet sur cet aspect de la lutte de Sivens.

 

Communiqué du Conseil départemental du Tarn le 31 mai 2016 :

 

Le Département mobilisé pour la construction du projet de territoire de la vallée du Tescou

 

Conformément à la demande du Ministère de l’Ecologie et afin de répondre au besoin en eau qui a été confirmé par l’expertise mandatée par ses soins, le Département s’est engagé à prendre toute sa part dans l’élaboration du projet de territoire sur la vallée du Tescou.

 

Il participe dès aujourd’hui activement à cette démarche conduite par l’Etat, notamment dans la phase d’audit des acteurs du territoire qui est en cours ; il mettra tous les moyens nécessaires pour permettre sa bonne réalisation et restera vigilant sur la qualité des solutions face aux attentes des habitants de cette vallée.

 

Chaque acteur du territoire doit permettre la bonne marche de ce processus voulu par l’Etat et réclamé par les opposants au projet initial de retenue d’eau. Il est indépendant des opérations de réhabilitation de la zone humide qui doivent intervenir sur le site.

 

Sur ce plan, il faut se souvenir que le site de Sivens est resté occupé pendant plusieurs mois par des opposants, et que d’octobre 2014 à mars 2015, personne n’a pu y pénétrer.

 

A l’issue de l’évacuation des lieux, un travail considérable a dû être mené, notamment par les agents du Département pour retirer, de prairies en partie saccagées, tous les déchets amoncelés par les occupants. Il a également été indispensable de rétablir les voies de communication pour les riverains.

 

Après la libération du site, le Département a fait réaliser un diagnostic pour évaluer l’état écologique de la zone humide du Testet. Celui-ci a été proposé dans le champ des mesures de compensations environnementales. Ces dispositions ont été incluses dans le protocole transactionnel conclu le 24 décembre 2015 entre le Département et l’Etat suite à la décision de ce dernier d’abandonner le projet initial de retenue de Sivens.

 

Ce document contractuel qui permet en particulier la remise en état de la zone humide, ainsi que son financement dans le cadre de l’enveloppe prévue à hauteur de 1,3 millions d’euros, est contesté au Tribunal Administratif. Ceux qui réclament aujourd’hui la réhabilitation rapide de la zone humide du Testet sont les mêmes qui demandent l’annulation du protocole qui le prévoit.

 

Le Département tiendra pour sa part ses engagements de programmer ces travaux dès lors que l’Etat en aura validé le cahier des charges. Pour ce faire, la collectivité doit également procéder à l’acquisition des parcelles sur le site, pour celles qui sont toujours la propriété de la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne. La procédure est en cours et devrait pouvoir se conclure dans les prochaines semaines. Le Département s’est aussi engagé à reprendre les négociations initiées par son mandataire avec les exploitants agricoles locaux afin de répondre à leurs attentes.

 

 



Les réactions

Avatar Jean-Claude Faure

Comme à son habitude Carcenac se défile alors qu'il a un rôle important à jouer dans ce cas précis. Les initiatives de ce bonhomme sont hélas négatives, je ne parlerais pas des évènements dramatiques, il faut le pousser par des actions fortes.

Le 06-06-2016 à 13:49:40

Avatar Maryse BIRCK

C'est quand même navrant qu'il soit impossible d'avancer alors que la rehabilitation du site a été décidée.
Mais d'un autre côté, la tenacité des opposants a porté ses fruits...
   Malheureusement, il faut toujours se battre et ne rien lâcher !

Le 10-10-2016 à 18:18:06

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