Novembre 2018 : rapport garante du PTGE Tescou
Le 12 novembre 2018, Mamdame TILMONT, garante processus de concertation avec le public 2016-2018 du PROJET DE TERRITOIRE DU BASSIN VERSANT DU TESCOU publie un rapport (lien ici)
Le collectif Testet ainsi que d'autres acteurs comme la Confédération Paysanne 81 & 82 ou Nature & Progrès 81 ont manifesté leur désaccord concernant la confidentialité qui a présidé ces travaux et ont regretté qu'elle leur ait été imposée comme condition pour participer à la concertation.
Reprenons les termes de la CONCLUSION de Madame TILMONT :
"En tant que garante nommée par la Commission nationale du débat public, un premier élément de conclusion reste la difficulté de mon positionnement dans un processus de co-construction différent d’une concertation classique où il s’agit de veiller à la transparence des informations, à la neutralité des débats et à l’équité entre acteurs. Ceci d’autant que ce processus d’élaboration du projet de territoire a conduit à imposer une confidentialité des rapports des groupes de travail et des propos tenus, sans obligation d’information du ou des publics.
Cependant, il est clair que certains collectifs d’acteurs ont su intervenir auprès de moi, notamment fin 2017, dans la dernière ligne droite de signature de la Charte patrimoniale, pour affirmer leurs désaccords ou leurs inquiétudes. Ils ont unanimement salué la réussite du processus de co-construction et souhaité son prolongement dans la deuxième phase qui s’est ouverte jusqu’en juillet 2018. Certains, cependant, ont à plusieurs reprises regretté un manque de communication plus large, vers les médias, vers le grand public. Les principaux points critiques portent en effet, à mon sens, sur le nombre de personnes aujourd’hui concernées avec
:
. des réunions réservées à une cinquantaine de personnes avec cependant une diversité des familles d’acteurs;
. une méthodologie de la confidentialité des propos tenus. Sur ce point, le Président du Conseil départemental du Tarn, par son courrier en date du 29 octobre 2018, a fait observer que la confidentialité du processus était principalement liée à sa genèse et que “ l’acceptation d’une participation à cette réflexion par l’ensemble des interlocuteurs historiques s’étant affrontés lors du projet de retenue de Sivens ne pouvait s’envisager qu’avec la garantie d’une liberté d’expression dans les échanges et donc une réserve nécessaire dans la communication extérieure”.
. des résultats décisifs mais fragiles, des documents encore à préciser notamment sur la gestion de la ressource en eau, un plan d’actions à finaliser après la signature de l’engagement à agir des acteurs du territoire, deux ans, jour pour jour, après le lancement de ce projet.
L’essentiel à retenir, ce sont cependant les points très positifs qui marquent, après le traumatisme vécu lors des évènements de 2014, lors de “ la crise de Sivens” , un réel changement d’état d’esprit, une véritable avancée pour la réussite du projet de territoire:
. une confiance et un dialogue rétablis entre les principaux acteurs;
. un accord sur l’intérêt d’un processus de co-construction. Ce processus a été aussi marqué par une volonté d’ouverture, une volonté d’associer d’autres citoyens, des citoyens “neutres” tirés au sort bien que tous n’aient pas pu suivre les travaux jusqu’à leur fin;
. une véritable avancée pour le réussite de la mise en oeuvre du projet de territoire avec un plan d’actions croisées et de coopération entre les diverses associations porteuses de ce projet;
. une volontée partagée de poursuivre ce processus avec la mise en place d’une organisation pérenne et d’instruments de gouvernance qui puissent permettre de prolonger ces travaux dans le temps , un temps forcément long pour la mise en oeuvre du projet de territoire.
Deux années, c’est en effet à la fois un temps court pour produire un projet ambitieux et complexe, et un temps long lorsqu’on attend des résultats, des changements. Les différents acteurs ont pu exprimer des points de vue parfois divergents mais dans le respect des opinions de chacun et de tous, dans une écoute réciproque. Ils ont appris à se connaître au cours de ces deux années de travail en commun et un climat de confiance retrouvée s’est progressivement créé: “... l’émergence d’une culture commune …” comme a pu le déclarer un participant. Il faut pour cela reconnaître la force d’un processus de co-construction mis en oeuvre avec conviction et efficacité par l’équipe d’ ADEPRINA/API. Ce processus repose sur un travail partenarial ascendant où la décision est partagée entre les acteurs, où le consensus est recherché, ce qui a pour effet qu’il y a peu de contestations. Cette méthode robuste, négociée, a cependant ses exigences. Elle demande du temps, le temps de la recherche d’un accord collégial. Elle demande aussi un investissement fort des participants à la définition des objectifs et du contenu du projet.
Et pour cela, il faut remercier tous les acteurs qui ont accepté de donner de leur temps et de leur énergie en participant à ces travaux. Leur capacité d’écoute mutuelle et leurs contributions ont été déterminantes."

