Un nouveau scandale sur le Tescou ?

Il y a cinq ans, l'objectif était clairement et avant tout  de créer une retenue principalement pour l'irrigation, alors que les volumes consommés pour cette irrigation sont pratiquement partout en baisse dans le bassin Adour Garonne y compris le bassin du Tescou. Aujourd'hui, très curieusement, sont invoquées des raisons "écologiques" pour justifier la nécessité d'augmenter fortement la quantité d'eau qui coule dans le Tescou en été et en automne. Encore plus curieusement, l'espèce repère qui a été prise pour justifier ce débit est un poisson (le chevaine) omnivore et tolérant à une mauvaise qualité de l'eau alors que l'atteinte d'un bon état écologique des rivières est un impératif européen.

 

Le point de mesure du Débit d'Objectif d'Etiage (DOE) se situe à Saint Nauphary. Actuellement à 100l/s, il est proposé de le porter à 136 l/s dont 130 l/s pour des « raisons écologiques » d’atteinte d’un seuil bas de « débit biologique ». Cette valeur a été retenue par le dernier COPIL 5 (Comité de Pilotage) du Tescou.

 

A noter que la majorité des représentants de la société civile, à ce COPIL, a consenti et fait confiance sur la pertinence de la valeur proposée, se jugeant incompétente pour la remettre en cause.

FNE MP, quant à elle, s’est opposée à cette valeur en argumentant sa position.

 

Son premier argument est que le rapport qui amène à la valeur de DOE proposée ne respecte pas le cahier des charges qui encadre le travail des études DOE (cliquez ici pour plus d’explications).

 

Il est du rôle de l’Etat de faire respecter les règles. Va-t-il le faire ?

 

Son deuxième argument est que l’objectif du « débit biologique » est d’atteindre, selon des critères biologiques, le « bon état » du Tescou. Or, le débit préconisé ne devrait que dégrader le critère qu’elle s’attache à améliorer (cliquez ici pour plus d’explications).

 

Il est du rôle de l’Etat de contrôler que ce qui est proposé va vers l’atteinte de l’objectif de « bon état » biologique de la rivière. Va-t-il le faire ?

 

Son troisième argument est que la méthode employée pour calculer la valeur ne figure pas dans les documents qui nous ont été présentés et que cette méthode est utilisée avec une exigence supérieure à celle pour laquelle elle a été conçue (cliquez ici pour plus d’explications).

 

Il est du rôle de l’Etat de vérifier la validité et la bonne utilisation de la méthode.

 

Pour finir sur une note positive, l’Etat a pris en compte les observations et critiques soumises par FNE MP concernant le débit de dilution « phosphore » qui était préconisé. Il acte aujourd’hui que la concentration phosphore atteint l’objectif de « bon état » sur le point nodal de référence (station qualité aval de St Nauphary).

 

Il semble donc que, sur la base d’arguments robustes, l’Etat est prêt à jouer son rôle.

Concernant aujourd’hui le « débit biologique », l’Etat va-t-il le jouer ?

 

A suivre…



Les réactions

Avatar Nicole Voisin

Vigilance, vigilance. Pour arriver à leurs fins de rentabilité, ce gouvernement est prêt a utiliser des arguments mensongés. Merci de votre présence aux diverses commissions.

Le 06-05-2019 à 09:26:03

Avatar Paule Lanta

Merci de votre expertise, et merci de souligner l'importance de l'instiution Etat.
 Le problème est que dans ce moment historique de capitalisme financier global, l'Etat n'est plus souverain.  Il ajuste au plus juste entre sa fonction de défenseur de l'intérêt commun et les exigences de ce capitalisme non remis de la crise de 2008....L'enjeu me semble -t-il pour nous tous est celui d'une rupture  avec le capitalisme.
 Bon courage à nous tous car relocaliser des production utile et  respectueuse de l'environnement c'est bien autre chose que la défense du pouvoir d'achat...  Notre pays n'équilibre pas sa balance de paiement, important 60% de ses besoins vivriers et  60% de ses besoins industriels!!!

Le 06-05-2019 à 11:00:55

Avatar Maryse Mazeres

C'est à l'état de tout décider en France, y compris pour un petit ruisseau,       quand demanderons nous, une réelle décentralisation,       ce qui se fait actuellement n'est que le contraire.     Il faudrait que les citoyens se mettent à voter à chaque fois qu'on le leur propose,   et avant,  à refléchir,  à se parler,             et ce n'est pas demain,    refléchir et faire les bons choix s'apprend, devrait s'apprendre à l'école,  mais les pouvoirs publics d'en haut voir en Europe, ont tout muselé,  en dégradant la qualité de l'enseignement par leurs programmes stupides, où on demande aux élèves de donner leur avis, de faire des recherches,  pour tout et rien,  et surtout, avant qu'ils en aient les compétences!!! voir une bonne analyse de Natasha Poloni,   il y a quelques années,  (prenons ce qui est bon dans chaque intellectuel, en locurence, elle a fait une analyse cohérente, et c'était il y a quelques années,  cela s'est encore dégradé,   Je suis formatrice, pédagogie centrée sur l'apprenant.   je tente de débloquer les grands élèves,     qui effectivement, n'ont plus aucune culture générale, car plus suffisament de savoirs,     et en souffrent, donc perdent confiance dans leur intelligence pour toutes les décisions de leur vie d'adulte.

Le 06-05-2019 à 11:09:58

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