Sécheresse : les barrages, fausse solution face au dérèglement climatique

Une nouvelle instruction du gouvernement pour les Projets de Territoire pour la Gestion de l’Eau (PTGE) a été publiée le 7 mai 2019 (lien ici).

 

Suite à sa publication, FNE (France Nature Environnement) argumente dans sa news letter : "Sécheresse, les barrages fausses solutions face au dérèglement climatique" (lien ici).

 

Le collectif Testet partage cette analyse et pense que les retenues, au lieu d’être un «Plan d’adaptation au Changement climatique (PACC) » comme le laisse croire la prospective Garonne 2050, est au contraire un «Plan d’agravation (de la situation face) au Changement climatique (PACC) ».

 

Cette croyance est portée par les tenants de l'agriculture industrielle soutenus par les lobbyes de l'agro-industrie, de l'agro-chimie, et de la finance mettant les agriculteurs sous leur coupe et les rendant pieds et poings liés à leurs intérêts pour leur plus grand profit.

 

Cette croyance freine les réelles adaptations que sont, le rétablissement de la vie du sol par les changements des pratiques agricoles (arrêt des pesticides, non labour, les couvertures végétales, espèces adaptées aux évolutions climatiques, adaptation des dates de semis, rotation plus longue des cultures, haies, agro-foresterie, etc..).

 

Ces adaptations auraient pour effet :

  • de stocker du carbone dans le sol, en augmentant le taux de matière organique fortement dégradé par l’agriculture industrielle qui sévit depuis plus de 60 ans et donc de lutter contre le changement climatique, (principalement du à la libération du CO² par le labour, et l'utilisation d'engrais issus des énergies fossiles) ;
  • de stocker l’eau sur la parcelle, au plus près de la plante, réduisant fortement, voir supprimant pour certaines cultures, les besoins d’irrigation ;
  • de réalimenter les nappes phréatiques, d'éviter l’érosion des sols (évitant que les terres arables partent à la rivière et colmatent leur lit), et ainsi amener aux rivières une eau plus fraîche et filtrée, favorisant ainsi la bio-diversité.

Voilà quel est l’enjeu caché derrière cette circulaire et justement décrypté par FNE dans son article « INSTRUCTION PROJETS DE TERRITOIRE DU 7 MAI 2019 - Décryptage par France Nature Environnement » (lien ici)

 

Depuis le 7 mai 2019, l’instruction du gouvernement du 4 juin 2015 relative au financement par les agences de l’eau des retenues de substitution, a donc été remplacée par Instruction du gouvernement du 7 mai 2019 relative au projet de territoire pour la gestion de l’eau.

 

Synthèse des épisodes précédents (avec des liens pour ceux qui désirent approfondir).

 

Pour les non avertis qui désirent en savoir plus sur la genèse des projets de territoires et de l’instruction du 4 juin 2015, vous pouvez vous reporter à la page de notre site Internet « Présentation du projet de territoire » (lien ici).

 

Le 9 août 2017, « Nicolas Hulot et Stéphane Travert présentent (à la presse - NDLR) les actions pour une meilleure gestion de la ressource en eau en période de sécheresse »  car la circulaire du 4 juin 2015 est fortement contestée par la FNSEA qui aimerait bien la faire sauter.

 

Dans cette déclaration, il est prévu de « mettre en place une cellule d’expertise afin de dénouer les éventuelles difficultés ».

 

A l’époque le collectif Testet a fait un communiqué de presse pour faire connaître sa réaction (lien ici)

 

Sous l’autorité du préfet Pierre-Etienne Bisch, et avec l’appui de deux experts de France Nature Environnement, de membres de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture et des inspections générales des ministères, la cellule a mené ses travaux d’octobre 2017 à juin 2018.

 

Après avoir audité de nombreux acteurs des différents projets de territoire en cours, dont ceux du projet de territoire du bassin versant du Tescou (collectif Testet, Confédération payssanne, FDSEA, service de l’Etat et du département, etc..). Un rapport est publié, le 1 juin 2018, dénommé usuellement « Rapport Bisch »

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Du fait de tractations ministérielles, sous pression, de la FNSEA, le rapport est publié (lien ici) expurgé de certaines annexes qui dérangent la FNSEA. France Nature Environnement (FNE) décide de publier l’intégralité du rapport issu de la cellule d’expertise (lien ici) et publie un communiqué qui explique sa position (lien ici).

 

Ce rapport aboutit, 11 mois après, suite à des pressions de la FNSEA pour élargir le financement des retenues au-delà de la simple substitution, à la nouvelle instruction du gouvernement, du 7 mai 2019, sur les Projets de Territoire pour la Gestion de l’Eau.

 

La nouvelle circulaire sauve l’essentiel de l’esprit de l’instruction du 4 juin 2015, même si des ouvertures à des financements de retenues au-delà de la substitution sont envisageables, mais avec des gardes fous salutaires.



Les réactions

Avatar laurence pinguet

bravo

Le 24-06-2019 à 11:35:01

Avatar Paule Lanta

merci de l'info,
y a-t-il en 64 des collectifs qui permettent de décrypter collectivement, non seulement les arguments mais les possibles mises en pratique de nos orientations porteuses de savoir et d'avenir?
En attente fraternelle
 Paule

Le 24-06-2019 à 18:12:24

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