Vallée de Tescou : des besoins en eau oui. Mais pour quels usages, pour quels volumes et où ?
Entre 200.000 et 250.000 m3 d'eau sont suffisants à mobiliser pour l'irrigation
sur la partie non réalimentée du Tescou.
A condition d'y associer des pratiques agroécologiques redonnant vie aux sols
et des techniques d'irrigation efficientes.
Comme nous l’avons déjà écrit, un panel de solutions existent. Encore faut-il s’entendre sur les besoins quantifiés et localisés par usage pour examiner en détail les 2 à 3 solutions adaptées au diagnostic sur ces besoins qui préservent la zone humide du Testet.
Parlons ici des besoins en irrigation qui sont les seuls besoins identifiés avec le DOE (Débit d'Objectif d'Etiage).
Il a été évoqué un besoin pour l'incendie, mais aucune demande argumentée n'a été portée à connaissance des acteurs du projet de territoire.
La Chambre d’Agriculture du Tarn a proposé un « projet de développement économique agricole du bassin versant du Tescou » qui évalue un besoin de volume d’eau pour l’irrigation de 4.0 Mm3 (millions de m3) sur l’ensemble du bassin du Tescou.
L’analyse des prélèvements des 15 dernières années et de leur évolution évalue les besoins à 2,1 Mm3 (valeur la plus importante prélevée en 2003, dans les 15 dernières années) en supposant une reprise relativement importante de l’irrigation (+ 65 %) cela nécessiterait entre 200.000 et 250.000 m3 de ressource supplémentaire sur la partie non réalimentée du Tescou.
Aujourd’hui, nous vous dévoilons notre évaluation des besoins en eau pour l’irrigation.
Un premier travail a été transmis au projet de territoire le 2 mai 2019 en vue d’en effectuer une présentation en commission eau et en ICC. Il est resté depuis dans les tiroirs et est ignoré par le CD 81 et la Présidence de l’Instance de Responsabilité préférant que les acteurs se prononcent sur des solutions avant que ne soit définis les besoins par usage, en volume et en répartition sur le territoire.
Vous pouvez télécharger ce document complet en cliquant ici. Vous y trouverez aussi la méthode qui a servie à réaliser l'évaluation des besoins. Les solutions proposées dans ce document restent une possibilité mais une solution par conduite d'irrigation le long de la partie non réalimentée du Tescou a été proposée et a notre préférence. Nous vous parlerons prochainement des solutions eau.
Mais revenons aux besoins avant de parler solutions.
Nous vous présentons ci-dessous une version remaniée du document, avec une présentation plus synthétique.
Proposition de projet agricole et évaluation des besoins.
Le Projet de Territoire que nous proposons est de soutenir, par incitation, les trajectoires agricoles qui sont économiquement viables et pérennes, préservant et/ou restaurant la biodiversité et la vie des sols.». Cette vision semble partagée par l'ensemble des acteurs du projet de territoire.
Cette proposition de projet agricole s’appuie principalement sur le document du ministère de l’agriculture :
« les 12 clés pour comprendre l’agroécologie » du ministère de l’agriculture (lien Internet : https://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/ae-12cles-v4_150.pdf).
Les fiches actions validées en juin 2018 par les acteurs du projet de territoire vont dans le même sens que les 12 clés de ce document.
Ce document appliqué au Tescou se résume en une phrase qui doit marquer l’identité du territoire :
Tescou : territoire vivant qui nourrit sainement son sol, son environnement, ses paysans et ses habitants.
Pour avancer dans cette direction, sans mettre de coté les besoins de ressource supplémentaire, pour assurer des besoins d’irrigation, il faut définir une méthode qui ne surestime pas ces volumes qui seraient nécessaires à mobiliser et ne sous-estime pas le prix de l’eau que devront payer les usagers, car :
Un excès de stockage et des prix trop bas :
- n’incitent pas à adopter des pratiques agro écologiques qui amélioreraient pourtant la vie des sols et donc le stockage d’eau à la parcelle, permettraient l’infiltration des pluies en limitant l’érosion du sol tout en alimentant les nappes,
- Coûtent cher à la collectivité si on veut maintenir un prix accessible à l’irrigant,
- Aggravent les effets du changement climatique en accélérant l’allongement de la période d’étiage sur le printemps et sur l’automne,
- Renchérit les prix du foncier, rendant plus difficile l’installation de jeunes agriculteurs, ce qui est particulièrement dommageable pour la pérennité de l’activité agricole dans la vallée,
- Incite les acheteurs à des pratiques agricoles utilisant l’irrigation, car en achetant plus cher des terres devenues irrigables, c’est pour irriguer.
Nous n’avons pas à nous substituer aux agriculteurs et leur dire quelle culture ils doivent mettre en place mais nous souhaitons qu’ils soient accompagnés et soutenus financièrement afin qu’ils puissent adopter les principes de l’agro écologie, redonnant vie aux sols et réduisant le recours à l'irrigation.
C’est pourquoi nous ne nous risquons pas sur une prospective très aléatoire et sujette à polémiques sur des surfaces cultivées et irriguées par type de cultures et degré d’irrigation.
Nous nous limitons donc à définir, voir en annexe 3 du document téléchargeable, des règles d’accès équitables à l’eau des agriculteurs, basées sur les ressources existantes et d’éventuelles nouvelles ressources à créer, et une méthode de calcul de volumes à mobiliser par portion de bassin.
Volumes évalués et localisés en appliquant la méthode proposée et en se basant sur l’historique des prélèvements avec une hypothèse d'augmentation de surfaces irrigables de 800 ha (+65%) en passant de 1200 ha actuellement (source Chambre d'Agriculture du Tarn) à 2000 ha :

Ainsi sur la partie non réalimentée du Tescou entre Tescounet et Bayssière les volumes nécessaires à mobiliser se répartissent comme suit en valeurs arrondies :
- Environ 115.000 m3 entre Bayssière et Montgaillard permettant d’irriguer 110 ha
- Environ 130.000 m3 entre Montgaillard et Tescounet permettant d’irriguer 130 ha
Soit environ 245.000 m3 sur la partie non réalimentée du Tescou permettant d’irriguer 240 ha.
De plus, grâce à des mesures d'économies d'eau et au rétablissement de la vie des sols (hypothèse 10% d’économies par la technologie et 10% d’économies par des mesures agro-écologiques), il est possible de diminuer de 20% les volumes à mobiliser à surfaces irrigables constantes.
Sur la partie non réalimentée du Tescou entre Tescounet et Bayssière les volumes nécessaires à mobiliser se répartiraient alors en valeurs arrondies :
- Environ 95.000 m3 entre Bayssière et Montgaillard.
- Environ 105.000 m3 entre Montgaillard et Tescounet.
Soit environ 200.000 m3 sur la partie non réalimentée du Tescou .
Ceci montre qu’en associant :
- des Economies d’eau 10% d’économies par des techniques d’irrigation plus performantes et 10 % par l’amélioration du stockage d’eau à la parcelle par des pratiques agro écologiques,
- une meilleure gestion des retenues existantes notamment par la valorisation d’environ 150.000 m3 de réserves d’eau non utilisées (sur un potentiel évalué à 250.000 m3),
- la création d’un réseau d’irrigation ou de nouvelles retenues pour 250.000 m3 maximum sur la partie non réalimentée du Tescou,
nous sommes tout à fait dans l’esprit de la charte et de l’instruction ministérielle et nous ouvrons la possibilité d’une surface irrigable d’environ 2.000 ha contre 1.200 ha actuellement.
Prochainement, nous montrerons qu'il existe plusieurs solutions de mobilisation de ressources qui préservent la zone humide du Testet.


Le conseil général est-il dans "l'esprit de la charte"?
Le 03-09-2019 à 10:09:05
Tous vos calculs,vos analyses, vos propositions sont basés sur une réalité de te territoire incontournable. C'est tellement juste, intelligent ! Merci.
Le 10-09-2019 à 14:25:05
Vos calculs, vos analyses, vos propositions tombent sous le sens. C'est tellement juste et intelligent. Merci.
Le 10-09-2019 à 14:30:20