Samedi 12 octobre, l'agroécologie était à l'honneur à Lisle-sur-Tarn.

C’est devant une salle comble que Benoît BITEAU, issu d’une lignée de paysans de Charentes a raconté l’histoire de sa famille et de son parcours qui l’ont conduit à prendre le contre-pied de son père, engagé pendant 50 ans dans l’agriculture chimique intensive (maïs hybride irrigué, perfusé à coup de fertilisants et de pesticides). Reprenant, la ferme de son père parti à la retraite, il raconte avec passion comment il s’est reconverti, dans une démarche de « rupture radicale » vers une agro-écologie entièrement biologique qui respecte les sols et l’environnement. Pendant une heure, Il explique avec de nombreux exemples et anecdotes pourquoi et comment ça marche sur les plans technique, environnemental, humain et économique.
Il envoie à la salle des messages clairs : Alors que l’agriculture qui participe aujourd’hui au changement climatique (elle est émettrice de 25 à 30 % des gaz à effet de serre), l’agro-écologie peut inverser la tendance et devenir l’une des activités économiques permettant de le ralentir en s’affranchissant de sa dépendance au pétrole ! Et sa dépendance à l’EAU.
Sans adopter une posture dogmatique d’opposition à l’irrigation et au stockage de l’eau, Benoît BITEAU (devenu député européen membre de la commission agriculture au parlement européen) nous suggère, au regard des aides importantes de la PAC attribuées aux maïsiculteurs irrigants, que ces aides soient orientées vers l’accompagnement de transitions agronomiques efficaces. Ces transitions permettront de s’affranchir d’une forte dépendance à une ressource en EAU de plus en plus rare et de plus en plus précieuse. Elles permettront également d’atténuer les effets du changement climatique, pour pouvoir continuer d’espérer produire demain.
Au cœur de ce système agronomique, il y a un acteur fondamental : l’arbre.
En accord avec la société civile, l’agro-écologie devient alors un moyen de faire tourner le cercle dans le sens vertueux en soutenant, par ses achats et par l’argent public des productions vivrières saines en quantités suffisantes empreintes d’identité et de cultures locales, débarrassées de substances dangereuses grâce à l’agronomie, basées sur des ressources génétiques locales redonnant de l’autonomie aux paysans producteurs, permettant de préserver la fertilité de la terre, produisant une nourriture saine et respectueuse de notre Santé, de l’Eau, de la Terre et enfin assurant le maintien d’un fort tissu paysan vecteur d’emplois.
Le public est passionné. Pas un bruit dans la salle. Tout le monde est captivé par ce « paysan résistant ». S’en suivent de nombreuses questions pendant une heure et demie dans un climat serein d’écoute mutuelle.
Commencée à 17 h15, la conférence se termine à 19h45 par un pot offert par Lisle Environnement et ses nombreux partenaires que sont la Confédération paysanne du Tarn et du Tarn-et-Garonne, Nature et Progrès Tarn, FNE82, UPNET et le collectif Testet.
Une soirée réussie qui apporte l’espoir que notre territoire
peut et doit s’engager dans cette direction.

