Article dans le Tarn Libre 06/09/2013

Le 06/09/2013, le Tarn Libre a diffusé notre point de vue à propos du barrage de Thérondel. Sur la même page, figurait un article à propos de certains élus locaux partisans du barrage de Sivens.

 

 

Avant le barrage de Sivens,

tirons des leçons de Thérondel !

 

Le plan de gestion des étiages du Tescou (PGE) signé en 2003 par les pouvoirs publics et les irrigants du bassin, prévoit 3 scénarios pour la création de nouvelles retenues. Le scénario A prévoyait la réalisation d’un premier barrage de 0.9 Mm3, côté Tarn-et-Garonne, le barrage de Thérondel. Le scénario B y ajoutait celui de Sivens et le scénario C celui de l’Hirondelle (au cas où le barrage de Sivens serait abandonné).

 

Le barrage de Thérondel a été mis en service durant l’hiver 2008/09 sur le ruisseau du même nom. Les écoulements naturels (ruisseaux + pluie) ne permettent qu'un remplissage partiel du lac (moyenne de 140 000 m3), une station de pompage d'appoint a donc été installée sur le Tescounet (avec débit réservé de 40l/s) pour remplir la retenue avec environ 500 000 m3 du Tescounet.

 

Il est intéressant d’observer ce qui se passe depuis 2009 au barrage de Thérondel pour imaginer ce qui pourrait se passer à Sivens. Des rapports officiels que nous avons pu obtenir auprès du CG82, il ressort que :

 

-          Le remplissage hivernal du barrage est difficile. En 2012, il n’a été rempli qu’à 50%. Au-delà des facteurs climatiques, il y a un risque de concurrence sur la ressource puisque le Syndicat des eaux de Monclar a effectué fin 2009 une demande d’autorisation de prélèvement pérenne de 300 000 m3 à 400 000 m3 à partir du Tescounet.

 

-          Seulement 50% du volume prévu pour l’irrigation par la CACG en 2001 est consommé aujourd’hui, même quand il n’y a pas de restrictions comme lors de l’étiage 2011 qui était pourtant une année sèche. 40% des irrigants autorisés ne consomment rien. Cela démontre qu’entre les calculs des besoins agricoles annoncés par la CACG et la réalité sur le terrain aujourd’hui, il y a un grand écart.

 

-       La campagne de soutien d’étiage de 2009 n’a pas été facturée aux irrigants (et 55 % d’entre eux ont dépassé les volumes autorisés cette année là). Depuis, la tarification est de 30 à 40€/ha pour toute la saison d’irrigation. Une politique tarifaire qui est loin d’inciter les irrigants à économiser l’eau… La participation des irrigants couvre 1/3 des coûts de fonctionnement annuel (environ 28 000 €), le reste étant à la charge du contribuable (soit dans les 19 000 €/an).

 

-       Chaque année, les Débits Objectifs d’Etiage (DOE) à St Nauphary ne sont pas respectés malgré les efforts du CG82 qui est responsable des lâchers. Mais il y a aussi parfois trop d’eau relâchée comparé aux besoins du DOE. Cette eau « relâchée pour rien » (selon certains irrigants) représente environ 100 000 m3 par saison (soit 10 à 20 % des lâchers).

 

Evidemment, ce bilan négatif devrait amener nos élus à tirer des leçons pour le barrage de Sivens (qui coûterait 3 fois plus au m3, en investissement comme en fonctionnement) mais la majorité d’entre eux ne recherche apparemment pas l’efficacité des projets et la bonne utilisation des fonds publics…

 

 

 



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