Droit de réponse paru le 26/07/13


TARN LIBRE : Droit de réponse au texte « Les comptes du Tescou » de Guy Durrieu paru le 19/07/13

 

Dans un texte paru sous le titre « Les comptes du Tescou » publié le 19/07/13 (télécharger ici), Guy Durrieu critique le texte du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet paru le 14/06/13.

 

Contrairement à ce qu’écrit G. Durrieu, notre Collectif n’a pas affirmé qu’il n’y a pas plus d’une vingtaine d’irrigants sur le bassin du Tescou. Ce que nous réaffirmons à nouveau c’est qu’ « aucun partisan du barrage (de Sivens) n’a encore démontré que le barrage bénéficierait à plus d’une vingtaine d’irrigants sur le bassin du Tescou ». Non seulement G. Durrieu déforme nos propos mais il montre là sa méconnaissance du dossier. Le barrage n’est pas prévu pour tous les irrigants du bassin mais seulement pour ceux qui prélèvent directement dans le Tescou et dans la limite de 309 ha situés entre la zone humide du Testet et la confluence avec le Tescounet (entrée de St Nauphary). Pour la partie tarnaise, seulement 15 irrigants prélevaient dans le Tescou pendant l’étiage 2012 pour environ 155 ha (selon la Chambre d’Agriculture 81). Sur l’aval concerné dans les départements 31 et 82, il y aurait 4 à 5 irrigants actuellement selon différentes sources. Le dossier enquête indique des chiffres similaires (P. 68) avec 25 irrigants concernés par le barrage. N’en déplaise à G. Durrieu, nous en sommes donc bien toujours à au moins 200 000 € de fonds publics investis par irrigant pour réaliser le barrage de Sivens. Puisque G. Durrieu nous précise que le barrage est prévu pour « un siècle ou plus », rappelons ici que probablement 10% des frais annuels de fonctionnement seront payés par les irrigants (environ 40 €/ha) donc sans doute plus de 100 000 €/an resteront à la charge du contribuable. Nous laissons G. Durrieu calculer le coût pour le contribuable sur un siècle ou plus…

 

Côté espèces animales protégées présentes sur le site du barrage, nous citions l’analyse technique de la DREAL figurant dans le dossier de demande de dérogation à la loi sur les espèces protégées (début 2013) qui en comptabilise 82. Mais G. Durrieu ramène ce chiffre à 32 en reprenant une autre analyse DREAL plus ancienne et moins complète (juillet 2012). Et selon lui, notre calcul 7+7+7+42+18+1 = 82 espèces est faux car, pour lui, cela fait un total de 72. Il écrit même : « Tout d’un coup, j’ai cru ne plus savoir compter». Il est vrai que le « professeur émérite » est spécialiste des champignons et non pas des mathématiques…

 

Pour G. Durrieu, l’absence de barrage risque de faire disparaître d’autres zones humides sur le Tescou. Cela ne nous semble pas pertinent pour deux raisons complémentaires : d’une part, comme le montre la carte du Pôle zones humides du Tarn, il y a peu de zones humides dans le lit du Tescou, celle du Testet étant clairement la plus vaste. D’autre part, les zones humides peuvent être asséchées d'une façon saisonnière sans que cela ne les fragilise. L’état naturel du Tescou ne les menace donc pas.

 

Enfin, G. Durrieu prétend que l’absence de barrage obligera la plupart des agriculteurs à s’en aller au profit de grandes exploitations extensives. Il faut là rappeler que c’est lorsque les aides publiques (surtout la PAC) ont encouragé l’irrigation (années 1980-90) que les grandes cultures se sont fortement développées sur le bassin du Tescou, remplaçant progressivement les élevages notamment laitiers. C’est justement pour maintenir une forte vie agricole sur le bassin que nous demandons que le soutien public pour l’accès à l’eau soit proportionnée au nombre de personnes travaillant sur la ferme et correspondent à des besoins locaux (élevages et maraîchages en priorité). Alors qu’il y a plusieurs centaines d’agriculteurs sur le bassin, est-ce juste et stratégique de concentrer plus de 7 M€ de fonds publics pour soutenir une vingtaine de fermes seulement ? Et pour quels types de production ?

 

Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

 

 

 



Les réactions

Avatar cordier

après avoir lu différents éléments du site je relève plusieurs points d'accord:
intérêt de la zone humide
nécessité d'adapter les pratiques culturales
mais quelques points me paraissent moins tranchés:
le débit du Tescou parait bien menacé en l'état actuel, que faudrait-il faire en concertation avec les agriculteurs qui en vivent et sont donc intéresses au premier chef?
Tous les irrigants prélèvent sur la nappe ou dans le Tescou ce qui explique la difficulté à ajuster les injections du premier réservoir.
Une alternative de petits réservoirs judicieusement espacés serait préférable pour alimenter la nappe et restaurer le débit mais il faudrait demander un audit aux autorités.
Dans le contexte du réchauffement climatique où le printemps risque d'être plus sec il faudra de toute façon renforcer le débit et la nappe pendant la saison des pluies et modifier les pratiques culturales et en particulier l'arrosage par aspersion. C'est un dialogue qui doit s'ouvrir avec les collectivités locales, les agriculteurs et les citoyens.

Le 23-09-2014 à 00:20:59

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