Droit de réponse paru le 14/06/13

TARN LIBRE : Droit de réponse à l’article du 31/05/13 de l’association Vie Eau Tescou (AVET)

 

Dans un article publié le 31/05/13 (télécharger ici), l’association Vie Eau Tescou (AVET), favorable au barrage de Sivens, donne son sentiment sur l’évolution du projet et en profite pour dénigrer les opposants au barrage. L’AVET critique le fait que le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet (CT) indiquait jusqu’à peu un coût total de 9 millions d’euros. Cela correspondait au coût TTC du projet (7 806 000 HT +19.6 % TVA = 9 335 976 € TTC) mais le Conseil Général nous a indiqué depuis qu’il ne paie pas la TVA donc nous utilisons désormais le montant HT.

 

Par ailleurs, selon l’AVET, 30 % de l’investissement est dédié aux mesures environnementales soit 2.32 M€ HT. Selon la CACG (Dossier instruction envoyé au CNPN, 7- EVALUATION DES COUTS, page 300), les investissements liés aux mesures compensatoires (obligatoires du fait de la destruction de la zone humide du Testet) s’élèvent à 389 400 € pour le foncier (achat de 19.5 ha) et 354 800 € pour les travaux d’aménagement des futures zones humides. Même si nous intégrons la totalité des 329 432 € en travaux spécialisés préalables (étude d’impact obligatoire pour les barrages de cette taille, chiffre figurant dans le dossier d’enquête publique), nous arrivons à un total de 1 073 632 € soit 14 % de l’investissement total… On est loin des 30% avancés par l’AVET.

 

Les 12.5 ha dont parle l’AVET à propos de prairies, frênes et aulnes correspondent en fait à la surface de la zone humide qui serait submergée (mais que l’AVET oublie de mentionner dans tout l’article). Si l’AVET lisait les dossiers d’instruction, elle verrait que la surface du barrage est de 34 ha et l’emprise foncière est de 48,4 ha dont 29,2 ha sont boisés et devraient être défrichés.   

 

Les responsables de l’AVET « se demandent où Lisle Environnement a bien pu trouver 82 espèces ». Tout simplement dans l’analyse technique de la DREAL figurant dans le dossier de demande de dérogation à la loi sur les espèces protégées : page 7, il est indiqué la présence de 82 espèces animales protégées : 7 espèces d'insectes, 7 espèces d'amphibiens, 7 espèces de reptiles, 42 espèces d'oiseaux, 18 espèces de chiroptères et 1 espèce de poisson (la lamproie de Planer) avec même le nom des espèces en question. Ce document est visible, ainsi que tout le dossier d’instruction du barrage, sur le site Internet du Collectif (www.collectif-testet.org) depuis plus d’un mois, il pourrait être utile aux responsables de l’Avet de lire un peu les caractéristiques et impacts du projet…

 

Certes, de nombreuses communes et la majorité des conseillers généraux se prononcent en faveur du projet de barrage mais, à l’image de l’AVET, combien connaissent vraiment les impacts positifs et négatifs du barrage ? Nous invitons les lecteurs à les interroger… A ce jour, les instances indépendantes du maitre d’ouvrage, ou des bénéficiaires, qui ont analysé le projet en détail ont toutes donné un avis très réservé ou défavorable : l’Onema (l'office national de l'eau et des milieux aquatiques, service de l’Etat), les experts du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) et du Conseil national de la protection de la nature (CNPN), la Commission d’enquête publique, la Fédération du Tarn pour la Pêche et la protection du milieu aquatique… Et aucun partisan du barrage n’a encore démontré que le barrage bénéficierait à plus d’une vingtaine d’irrigants sur le bassin du Tescou, ce qui voudrait dire au moins 200 000 € de fonds publics investis par ferme (part destinée à l’irrigation soit, officiellement, 62.8 % du barrage).

 

Nous continuons à penser que d’autres mesures seront plus efficaces à long terme (économies d’eau, meilleure gestion des 184 retenues collinaires existantes, pratiques agricoles retenant l’eau, petits ouvrages pour certaines fermes prioritaires…), moins coûteuses pour la collectivité et compatibles avec les engagements du Conseil Général et de l’Etat pour la protection des zones humides.

 

Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

 

 

 



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