Pendant la mission d’expertise du MEDDE, le massacre de la zone humide continue !

Gaillac, 11 septembre 2014

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 Pendant la mission d’expertise du MEDDE,

le massacre de la zone humide continue !

 

Lundi 8 septembre, alors que plus de 200 opposants (des associations écologistes et altermondialistes, de la Confédération Paysanne, de la ZAD, des particuliers…) avaient empêché le déboisement jusqu’à 16h, la Ministre Ségolène ROYAL a décidé de nommer une mission d’expertise « pour favoriser le dialogue et vérifier les garanties d’une gestion durable de la ressource en eau ».

 

Le Collectif Testet s’est félicité de cette décision qui répond à sa demande d’experts indépendants du Conseil Général et de la CACG et à son appel à l’apaisement. Les experts sont arrivés à Albi hier pour des auditions durant les journées de jeudi et vendredi.

 

Le Collectif Testet était la première organisation invitée ce matin à rencontrer les deux experts. France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées sera elle reçue vendredi matin. Les associations écologistes avaient prévenu le Ministère qu’il était hors de question que des discussions aient lieu avec les experts chargés d’évaluer le projet de barrage et notamment son impact environnemental pendant que des machines, en toute illégalité, pillent et broient des espèces protégées et saccagent la zone humide qui les héberge.

 

Le déboisement illégal se poursuivant ce matin, le Collectif a refusé de rencontrer les experts au sein de la Préfecture. La délégation a proposé aux experts de venir les rencontrer à l’extérieur afin d’expliquer cette position. Les experts n’ayant pas prévu de se rendre sur le site du chantier, le Collectif a proposé de les emmener afin qu’ils constatent par eux-mêmes l’ampleur des dégâts et surtout l’accélération du chantier cette semaine. Les experts n’ont pas donné de réponse au Collectif.

 

Ben Lefetey a déclaré : « la décision de boycotter cette rencontre n’a pas été facile car nous appelons de nos vœux cette expertise indépendante depuis un an. Mais le gouvernement n’a pas encore montré sa réelle volonté de favoriser le dialogue puisqu’il n’a toujours pas fait cesser le défrichement illégal des 29 hectares boisés à Sivens ».

 

Les experts et la Préfecture semblent argumenter auprès des journalistes que c’est le Conseil Général qui peut décider de la suspension des travaux et non pas l’Etat. Certes, le département est bien le maitre d’ouvrage du projet de barrage de Sivens mais c’est l’Etat qui lui fournit les forces de l’ordre nécessaires au bon déroulement du défrichement.

 

Pour Ben Lefetey, « il suffirait que le gouvernement décide, dans une réelle volonté d’apaisement, de ne plus mettre les 210 gendarmes à disposition du Conseil Général pour que celui-ci cesse immédiatement le chantier. Actuellement, l’Etat est complice d’un défrichement illégal et il doit en assumer toutes les responsabilités ».

 

L’autre membre de la délégation du Collectif, Christian Conrad, naturaliste, est en colère contre ce passage en force des pouvoirs publics : « Au rythme actuel du défrichement, quand les conclusions de la mission d’expertise seront publiées, quand le tribunal administratif aura jugé de la légalité du déboisement (audience le 15/09), l’ensemble de la zone humide du Testet aura disparu. Aujourd’hui, plus d’une dizaine d’hectares ont déjà été détruits et il faudra au moins une cinquantaine d’années pour que l’écosystème initial puisse se reconstituer. Il faut stopper ce massacre immédiatement ».

 

Pendant que les experts poursuivaient leurs auditions, les forces de l’ordre tentaient de déloger 8 opposants perchés dans des arbres. L’un d’eux est dans un arbre sur une plate-forme qui lui sert d'habitation et pour laquelle le tribunal a été saisi. Les forces de l’ordre n’attendent même pas la décision du tribunal qui sera rendue demain. Ses affaires personnelles ont été saisies et il a été menacé avec un Taser. Les gendarmes ont élagué les branches en bas des arbres occupés afin de bloquer en haut ceux qui ne disposent pas de cordes.

 

Contact médias : Ben Lefetey 06 99 26 60 66

http://www.collectif-testet.org

 

 



Les réactions

Avatar christine solm

c'est désormais au tour de l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho, débarquée pour avoir critiqué le budget qui était alloué à son ministère en 2013, de dégainer.
"Insoumise", puisque tel est son nom, est un "pavé de 220 pages dans la mare néo-socialiste", selon "M, le magazine du Monde" repris par le Lab d'Europe 1.
Mieux : le mot de son éditeur, Grasset, promet que le livre "raconte comment, au sommet de l’Etat, règne ouvertement la connivence avec les lobbies et les puissances financières que la gauche était supposée combattre".

"Le Courrier de l'Ouest" était parti à la rencontre de l'ex-ministre fin août : "durant un an, elle a mûri sa réflexion, compilé treize mois d’expérience au gouvernement", note le quotidien régional. Le changement de ton, ce n'est visiblement pas pour maintenant pour François Hollande...
LA SUIVANTE ELLE EST HYPOCRITE OU MALGRE SA GRANDE GUEULE ON LUI A CLAQUE LE BEIGNET? z'avez vu l'ambiance de cloaque dans ce pays, ils sont aux abois !

Le 11-09-2014 à 23:39:03

Avatar Jean François WOLFF

Je pense, en effet, que la collusion actuelle, soulignée par Delphine Bato, entre l'état et les lobbies affairistes est évidente. Il n'y a qu'à voir la réticence appuyée de Ségolène R à prononcer un moratoire pour le déboisement. C'est ni plus ni moins que la même connivence qui existait à l'encontre de la ZAD de Notre Dame des Landes pendant les affrontements entre opposants à l'aéroport et les "forces du désordre" (Comment appeler autrement des escadrons qui permettent, par la force, l'exécution d'un massacre environnemental?!....)
C'est la ténacité des opposants, à tous les niveaux (géographique, physique, juridique, médiatique, éthique), et chacun dans son style, qui a fait arrêter le "chantier".
C'est la ténacité, en dépit de conditions difficiles, qui permettra, au Testet aussi, d'"arrêter le massacre". Il faut y croire, et faire tout ce qui est en notre pouvoir, là où nous sommes, même loin, pour soutenir celles et ceux qui se battent en ce moment avec courage pour faire triompher les forces de vie sur les forces de mort.

Le 12-09-2014 à 08:10:57

Avatar Timalus Timalus

Il conviendrait d'étudier de près ce projet de la CACG portant sur une étude de faisabilité pour le compte de la VOLTA RIVER AUTHORITY, par rapport à un projet de barrage multi-usages de PWALUGU au GHANA Nord, et pour lequel la CACG recrutait récemment.... Ce projet bénéficie d'un financement de l'Agence Française de Développement et est supervisé par la Banque Mondiale.... Bien sûr tout rapprochement avec l'affaire Urba Graco ne serait que pure science fiction ! Ou mauvais esprit, que nous nous gardons bien d'avoir !

Le 12-09-2014 à 23:57:23

Avatar Monique Sanciaud

La CACG qui a déjà largement sévi dans les Hautes Pyrénées où elle a son siège et où elle est en train d'essayer de faire encore d'autres barrages inutiles et imposés comme celui de l'Ousse qui noierait un gaec bio, vit de faire des barrages. Il faut bien donner du boulot à ses ingénieurs et satisfaire tous les élus productivistes protecteurs des maîsiculteurs, industriels de l'agriculture!
Ce qui se passe à Sivens va semer de la colère et de la haine contre le pouvoir socialiste bête et méchant et il ne faudra pas s'en étonner. Le mépris ne s'oublie pas, la violence non plus et l'hypocrisie encore moins : ils n'en ont rien à faire de la nature rien d'autre ne les concerne que leurs places et leurs intérêts. Si le peuple avait voté Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle nous n'en serions pas là car il nous aurait laissé prendre le pouvoir et ce n'est pas Le pen qui va nous le rendre ! Je suis trop loin et trop mal en point côté santé pour vous aider mais je soutiens de tout coeur votre lutte même si elle ne sert déjà plus à rien pour sauver ce qui est irrémédiablement détruit au bénéfice de quelques clampins qui n'en ont rien à faire des générations futures.

Le 15-09-2014 à 11:28:13

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