Thierry Carcenac n’ose pas avouer qu’il veut diluer des pollutions qui n’existent plus !

Gaillac, 7 octobre 2014

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Thierry Carcenac n’ose pas avouer qu’il consacrerait 30%

de l’eau du barrage à diluer des pollutions qui n’existent plus !

 

 

Aujourd’hui, 7 octobre 2014, Roland FOURCARD est en grève de la faim depuis 42 jours, Gilles OLIVET et Christian CONRAD depuis 36 jours ! Avec le Collectif, ils réclament seulement au Conseil Général des réponses aux questions posées depuis un an et un débat public contradictoire pour que chacun expose ses arguments.

 

Parmi les questions qui font peur à Thierry Carcenac, le Collectif a rappelé le 6/10 celles concernant les besoins agricoles (70 % de l’eau retenue dans le barrage). Avec les grévistes présents devant le Conseil Général, le Collectif rappelle ses questions concernant les 30 % d’eau restants qui sont présentées par le CG comme apportant un soutien d’étiage : Quels sont les besoins qui justifient aujourd’hui 434 000 m3 d’eau pour la salubrité ? Quelle est l’étude qui justifie un soutien d’étiage du point de vue de la vie aquatique et qui compare, de fait, les impacts positifs et négatifs du barrage de Sivens sur la qualité écologique du Tescou ?

 

Dans le dossier que le CG 81 diffuse sur son site Internet, il est indiqué que « Les volumes destinés à la salubrité ont été calés à 430 000 m3, soit les objectifs définis par le plan de gestion des étiages (300 000 m3) augmentés des préconisations de l’agence de l’eau dans le cadre de la gestion quantitative des ressources en eau pour atteindre un pourcentage de 30% du volume stocké nominal ».

 

Les 300 000 m3 intégrés dans le plan de gestion des étiages (PGE) du Tescou en 2003 l’ont été dans le but de diluer la seule pollution industrielle dans le Tescou constatée par la CACG en 2001. Il s’agissait alors de la pollution hors-norme de la laiterie Sodiaal à Montauban. Le Collectif a démontré dans son rapport de septembre 2013 que cette pollution a fortement diminué depuis 2006. Comme la CACG l’a elle-même proposé en 2001, l’absence de pollution à diluer à la laiterie permet désormais de réduire le débit à atteindre dans le Tescou et donc d’abaisser le déficit en eau. Mais constatant, en 2009, que les besoins de salubrité étaient beaucoup moins élevés et donc que le barrage n’était plus justifié de ce point de vue, la CACG a préféré mentir pour poursuivre ce projet vital alors qu’elle était en difficulté financière (2008 : « une année de fortes incertitudes économiques »).

 

Ne sachant plus comment justifier un volume d’1.5 Mm3, la CACG a ajouté 144 000 m3 pour « autres usages salubrité » dans son rapport 2009 sans le justifier. Ces 144 000 m3 ne reposent sur aucun besoin du point de vue de la rivière mais sont ajoutés pour respecter la règle des 30 % dédiés à la salubrité de l’Agence de l’Eau pour rééquilibrer un barrage prévu avec un gros volume pour l’irrigation !

 

N’osant pas avouer que l’eau du barrage servirait à diluer des pollutions fantômes, le CG 81 fait croire dans sa communication qu’il s’agit d’ « améliorer l’état écologique du Tescou ». Non seulement cela n’est justifié par aucune étude mais les experts des milieux aquatiques disent eux l’inverse : l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA) a souligné que « le maintien du bon état chimique et écologique de l'eau en aval immédiat de la retenue ne semble pas garanti ». La Fédération du Tarn pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FTPMA), lors de l’enquête publique fin 2012, a elle écrit : « Nous jugeons que l’environnement, et plus particulièrement les milieux aquatiques, subiront des dommages importants et durables si cette retenue était construite. Dans ces conditions, il deviendrait impossible de répondre aux exigences de la Directive Cadre Européenne, qui prévoit l’atteinte du bon état des eaux en 2014. »

 

Comme la CACG le disait elle-même en 2001, les assecs parfois observés sur des tronçons ont pour origine certains comportement égoïstes d’irrigants. Les 184 retenues collinaires qui peuvent stocker 1/3 des écoulements du bassin ne doivent pas être sans impacts non plus sur le débit du Tescou… Mentionnons enfin que, depuis 2009, il existe un plan national pour la restauration de la continuité écologique des cours d’eau qui vise à enlever des milliers d’ouvrages. Dans le Tarn, contre l’avis de ses experts, l’Etat appuie le CG pour faire l’inverse… Toutes ces contradictions expliquent-t-elles le refus de Thierry Carcenac de débattre ?

 


Ci-joint également une note comparant la qualité de l’eau de la Vère et du Tescou. En effet, le Conseil Général cite en exemple le barrage de Fourogue sur la Vère pour rappeler que le projet de barrage de Sivens a notamment pour objectif la « préservation du bon état écologique » du Tescou.

 

Pourtant, la comparaison entre l’état écologique et chimique de la Vère à l’aval du barrage de Fourogue et celui du Tescou à la sortie de la zone humide du Testet (qui serait donc l’aval du projet de barrage de Sivens) démontre clairement qu’un  barrage ne garantit pas le bon état de la rivière voire même le dégrade fortement. Vous trouverez la démonstration ci-jointe dans une note reprenant les analyses officielles de qualité des eaux des deux rivières.


 

Contact médias : Ben Lefetey 06 99 26 60 66

 

 

 

 



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