Non à l’impunité des gendarmes et des probarrages violents !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Non à l’impunité des gendarmes et des probarrages violents !

 

Ce jeudi 28 mai 2015, l’ancienne ferme Métairie Neuve, propriété du Conseil départemental qu’il a abandonnée depuis son acquisition en 2002, a été incendiée de manière volontaire. Selon les médias, toute la toiture aurait brûlé. Le Collectif dénonce cet acte criminel détruisant une ferme classée au patrimoine remarquable de Lisle sur Tarn et qui aurait pu être achetée pour une installation agricole. Il ne fait pas de doutes qu’il a été mené par des partisans du barrage de Sivens ou tout au moins des anti-zadistes. Cela illustre bien à quel point certains d’entre eux ressentent un sentiment d’impunité totale du fait qu’aucune de leurs agressions en février et mars 2015 n’a été poursuivie malgré la présence fréquente de gendarmes sur les lieux. Déjà, un commando avait saccagé la Métairie Neuve en janvier 2014 sans qu’une enquête efficace n’ait eu lieu.

 

Ce même jour a lieu une audience de la chambre des Appels correctionnels de Toulouse concernant deux opposants au barrage de Sivens injustement condamnés le 17 septembre 2014 en comparution immédiate, pour des faits de violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique.

Une vidéo tournée par un opposant a été présentée en audience car elle contredit totalement la version présentée aux juges par les gendarmes. Ceux qui sont accusés de violences sont en fait les victimes de violences commises par des gendarmes. La vidéo montre que les gendarmes sur le site de Sivens le 15 septembre 2014 ont poussé la quarantaine d'opposants pacifistes jusqu'à la rivière. Acculés, les opposants ne pouvaient plus bouger. Des gendarmes du Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) s'en sont alors pris à un opposant qui filmait puis ont saisi un des opposants pour l'interpeller car il protestait en réaction à cette attitude. Dans la panique, son camarade a voulu le protéger des coups de matraques qu’il recevait ; il a lui-même alors reçu un coup de pied en plein thorax avant d’être lui aussi interpellé.

Alors que les deux opposants sont au sol, un gendarme du PSIG en roue un de coups de pied, tout en ayant son flashball à la main prêt à tirer. Son collègue met alors la main sur la tête de l'opposant, probablement pour lui éviter les coups et il prend l’un des coups de pied violents de son collègue. La vidéo montre alors le même gendarme qui donnait les coups, avancer et tirer à deux reprises avec son flashball sur un des opposants qui venait protester pacifiquement contre cette violence. Le tir de flashball est effectué à moins de 5 m alors que les règles de sécurité imposent un minimum de 7 mètres. Cet opposant sera blessé du fait de ce tir et évacué du site. Découragé par les gendarmes de porter plainte, il l’a fait ensuite directement auprès du Procureur de la République. Les deux défenseurs de la zone humide du Testet, injustement condamnés en première instance, ont demandé leur relaxe pour les faits reprochés.

 

Ce 28 mai également, la commission d’enquête sur le « Maintien de l’ordre et libertés publiques » remet son rapport à Claude Bartolone, Président de l'Assemblée nationale. Le rapport de cette commission d’enquête parlementaire, initiée suite à la mort de Rémi Fraisse, a déclenché une polémique entre son rapporteur Pascal Popelin (PS) et son président Noël Mamère (écologiste) qui a voté contre le rapport. L’affaire jugée aujourd’hui illustre parfaitement la nécessité de confier les opérations d’ordre public à des agents spécialement formés, ce qui n’est pas le cas des agents du PSIG déjà mis en cause dans l’affaire de la grenade lancée dans une caravane le 7 octobre et qui a grièvement blessé une écologiste. La vidéo montre également que le Flahsball est utilisé de manière irrégulière et extrêmement dangereuse, un tir à moins de 5 m pouvant entraîner la mort (voir sources dans le PDF ci-joint). Cela prouve la nécessité d’interdire l’usage de tout lanceur de balles de défense (LBD) dans le cadre de mouvements sociaux. Enfin, cette condamnation injuste d’opposants pacifiques montre le danger démocratique de vouloir, comme le propose le rapport, interdire a priori de participer à une manifestation pour les personnes condamnées. Au-delà de l’atteinte au droit fondamental de manifester, cette mesure risquerait d’entraîner encore plus d’accusations infondées dans le seul but d’affaiblir les mobilisations citoyennes.



Réagir


CAPTCHA