21 décembre 2017 : signature de la charte préalable au projet stratégique du territoire du bassin versant du Tescou

Communiqué de presse

Salvagnac - 21 décembre 2017           

Nos organisations signent la charte préalable
au projet stratégique de territoire du bassin versant du Tescou

 

Après 9 mois de discussions entre les acteurs, une charte préalable au projet stratégique de territoire du bassin versant du Tescou est présentée aujourd’hui publiquement. Elle a été élaborée comme le reflet d’une vision partagée et comme un équilibre de points de vue pour définir une stratégie de développement du territoire qui dépasse la simple gestion de la ressource en eau.

Des débats internes ont eu lieu dans nos organisations pour examiner les aspects positifs et négatifs du contenu de cette charte. Malgré certaines insuffisances, elles ont estimé que le positif l’emportait sur le négatif :

  • Nous nous sommes toujours positionnées pour le dialogue avec confrontation des points de vue sur la base d’informations reflétant la réalité du territoire du Tescou. Le processus de co-construction mis en œuvre a créé les conditions de ce dialogue. Nous avions exprimé le souhait que ce dialogue se fasse publiquement mais la règle non négociable était la confidentialité. Pour favoriser la reprise du dialogue, nous avons accepté cette règle mais nous espérons que la nécessaire transparence des débats sera mise en œuvre lors de la finalisation du projet stratégique de territoire.
  • Conformément à l’instruction gouvernementale de juin 2015 qui définit les projets de territoire à élaborer sur ces enjeux, nous avons demandé que les données du territoire soient partagées (et qu’elles deviennent, dès que possible, publiques). La charte proposée à la signature fait déjà référence à des données sur l’eau qui sont annexées. Parmi celles-ci, figurent les volumes prélevés et déclarés à l’agence de l’eau Adour-Garonne qui servent désormais de référence au calcul du volume de substitution éligible aux aides financières de l’agence.
  • Sur la gestion de l’eau comme bien commun, la réduction des pollutions à la source et le développement des pratiques agricoles permettant d’économiser l’eau, ou de mieux la retenir dans des sols vivants, font désormais partie des priorités figurant dans la charte. Nous regrettons cependant que les pratiques agro-écologiques, dont l'agriculture bio, ne soient pas encore consensuelles parmi les participants au processus. L’optimisation des retenues collinaires existantes (environ 185, voir carte en annexe de la charte) sera étudiée pour l’irrigation, pour le soutien d’étiage ou pour favoriser la biodiversité. En cas de réponse insuffisante aux besoins du territoire par l’évaluation de ces solutions, un projet de retenue(s) sera étudié ainsi que ses impacts écologiques et économiques.
  • Au-delà des productions irriguées, qui sont minoritaires sur le bassin, les signataires de la charte s’accordent pour mieux valoriser les produits agricoles et alimentaires issus du territoire du Tescou et augmenter leur valeur ajoutée (notamment à travers la restauration collective). Pour maintenir un territoire vivant, l’objectif est également de diversifier les activités économiques à travers les énergies renouvelables et le tourisme (notamment éco-tourisme et agro-tourisme) ainsi que de favoriser les bonnes conditions du développement économique et du bien vivre (transports, numérique, foncier pour favoriser les installations agricoles, etc.)… 
  • Nous souhaitons ouvrir la co-construction et la gouvernance aux habitants du territoire, via une participation de personnes tirées au sort et volontaires. Cette disposition, qui a été mise en œuvre, même si elle a présenté quelques lacunes, a ouvert la voie à l’émergence d’un dispositif de gouvernance innovant associant de simples citoyens du territoire et non uniquement des représentants d’organisations. La charte permet, comme inscrit dans celle-ci, d’« accueillir toute personne souhaitant s’impliquer dans le processus de co-construction».

Même si certaines expressions ne nous semblent pas pertinentes, nous partageons la plus grande partie du contenu de cette charte. Surtout, nous considérons que les 34 propositions d’actions (voir pré-programme de co-action en annexe de la charte) représentent des axes de travail forts pour la nécessaire transition sociétale.

Faire du projet de territoire, un projet ambitieux tourné vers l’avenir et exemplaire, tel est l’ambition de nos organisations.

C’est pourquoi nous nous engageons en devenant signataires de la charte préalable et en mobilisant de nombreux bénévoles pour la finalisation du projet de territoire en 2018. Nos organisations veilleront à ce que le processus de co-construction se déroule de manière équitable et transparente.

 

NB : La charte et ses annexes sont téléchargeables sur le site web du Collectif Testet.

 



Les réactions

Avatar Michel Pierre

Merci pour cet envoi.
Avant d'en prendre connaissance sur votre site, j'aimerais savoir quelle est la place de cette charte dans le dispositif SDAGE/SAGE régional et départemental? Est-elle accompagnée d'engagements budgétaires de ces mêmes collectivités?
Par ailleurs, quel a été l'impact des nouvelles dispositions réglementaires imposées par une jurisprudence du Conseil d'Etat du 22 février dernier, pour ce qui concerne la définition d'une zone humide?
Ces questions nous intéressent particulièrement à Roybon, dans le cadre de notre engagement contre la constructon d'un Center-Parcs sur le plateau des Chambaran, considéré comme réservoir naturel de biodiversité et caractérisé par de nombreuses zones humides caractéristiques.
Par avance, merci de votre réponse.
Avec nos meilleurs voeux de réussite à la charte et à ce travail collectif.
Pour PCSCP, Michel Pierre

Le 25-12-2017 à 09:56:50

Avatar yann kervennic

Tant que des paysans pollueurs possederont les terres, les rivieres seront des egouts et nous seront empoisonnés. La solution, c'est de la logique pure, dans un monde marchand et non guerrier, c'est d'acheter les terres et sauver un a un les versants ecologiquement strategiqueS et aider des jeunes et moins jeunes ayant des projets concrets agroecologique a s'installer.

Donc, il faut constituer des structures financieres associatives, ou les urbains, ceux qui ont du capital et ne veulent plus le placer chez les producteurs d'armes ou de petrole, puissent placer leur argent dans la terre, et financer de tels projets, en se recentrant sur la sauvegarde de la qualite des eaux,plutot que d'avoir des ilots de terres saines au sein de mers de champs pollués, ce qui est ecologiquement sans interet.

Nous sommes nombreux a vouloir nous installer, certains d'entre nous ont meme un petit capital qui leur permettrait d'acheter 20, 30 ou 40 ha, mais ils sont bloque par les Safer qui jugent leur projet selon leur propre standards destructivistes. C'est mon cas et on fatigue de vegeter, en autoproduction, alors qu'on pourrait produire pour d'autres et vivre decemment si nous etions a plusieurs et pouvions en plus organiser la vente nous meme (indispensable pour survivre).

Bref travailler par cours d'eau en partant de l'amont permettrait de recreer des zones propres, creer de l'activite pour des familles ou des jeunes et moins jeunes, placer du capital pour des urbains sans terre (qui pourront eventuellement s'installer par la suite) sur un bien qui se valorisera puisque le travail de la terre en agroecologie ne detruit pas les sols alors que les autres terres verront leur rendement diminuer etc...

Personnellement j'habite en aveyron et suis seul ici au milieu des chimistes, mais je pense qu'il y a un future et beaucoup de cours d'eau a sauver, pour une irrigation plus saine et pourquoi pas produire du poisson comme autrefois dans des petits etangs.
Le pognon est le nerf de la guerre mais pas seulement. Avec peu de pognon on peut faire quelque chose si on fait boc face aux Safer pour imposer autre chose.
Certaines terres sont tres peu rentable en conventionnel.



 

Le 25-12-2017 à 11:28:18

Avatar Catherine Moulin

En tant que parisienne je vous fait confiance sur :"Malgré certaines insuffisances, elles ont estimé que le positif l’emportait sur le négatif "Bon courage, la lutte continue.Amicalement

Le 25-12-2017 à 13:24:29

Avatar Pierre LAMBERT

Je n'habite pas la région mais au vu de la lecture de vos propositions votre démarche me semble exemplaire . Sur d'autres territoires on assiste à des processus similaires .
Cette voie plus difficile à mettre en oeuvre mais plus respectueuse des citoyens et de la nature   semble cependant celle de l'avenir .... Courage à vous et continuz le combat !

Amitiés.

Pierre Lambert 

Le 25-12-2017 à 14:12:23

Avatar Clément Françoise

Je ne suis pas spécialiste, mais ce que je viens de lire, me parait une avancée considérable.
Merci et félicitations pour ce travail
Mme Clément

Le 27-12-2017 à 13:58:35

Avatar Christian GARNIER

Bravo!
cg
fondateur de Nature Midi Pyrénées

Le 27-12-2017 à 15:46:28

Avatar Felix van Ditzhuijzen

Je n'arrive pas à charger la charte etc ...... et pourtant j'aimerai beaucoup lire vos résultats de négociation.
Je suis impressioné par le texte de présentation de cette charte et le dialogue de 9 mois. Après tant de violence et même la mort d'une personne il est plus que satisfaisant de constater qu'une dialogue est toujours possible. Si vous pouviez montrer aux négociateurs, en présence dans les négociations en Syrie, comment vous y êtes parvenu, afin de faire arreter cette guère plus qu'atroce?
Avec mon admoration pour ce travail, toutefois j'aimerai bien le lire.
Amities Félix

Le 30-12-2017 à 11:42:50

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