Casserolade devant le Conseil Général pour réclamer un moratoire du projet de barrage de Sivens

Gaillac, 26 juin 2014

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Casserolade devant le Conseil Général pour réclamer

un moratoire du projet de barrage de Sivens

 

 

 

Les conseillers généraux du Tarn accueillaient ce jeudi matin 26 juin 2014 la Préfète pour faire le point sur les projets soutenus par l’Etat dans le département. Parmi ces projets figure le barrage de Sivens. Pour rappeler leur demande de moratoire et d’études indépendantes, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, des associations et des partis politiques ont organisé une nouvelle  « casserolade » devant la maison du département. L’Etat et le Conseil Général n’écoutant toujours pas les demandes des opposants ainsi que l’avis de la commission d’enquêtes publiques et des scientifiques consultés lors de la procédure administrative, un concert de casseroles et autres ustensiles métalliques était improvisé par une soixantaine de manifestants pour espérer se faire entendre.

 

 

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Relais médias

 

Par cette action, les manifestants rappelaient que, contrairement à ce que déclare la Préfète, le barrage de Sivens n’est pas un « projet environnemental exemplaire ». En effet, les scientifiques du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) et les experts du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), affirment que « les inventaires faunistiques sont très insuffisants », que « l’analyse des impacts du projet sur la faune et le maintien des connectivités écologiques sont sous évalués », que « les mesures d’évitement, de réduction ou de compensation sont insuffisantes, irréalisables, inadéquates ou très hypothétiques ». Ce qui les a conduits à donner des avis défavorables à la destruction de la zone humide du Testet (CSRPN en décembre 2012 et CNPN en avril et en septembre 2013).

 

Les opposants ont dénoncé également le refus inacceptable du Conseil général de venir expliquer en public pourquoi il passe outre les avis défavorables, sur quelle base scientifique il justifie un tel volume et les raisons pour lesquelles ils écartent les alternatives proposées.

 

Même par écrit, l’institution départementale n’apporte toujours pas de réponse aux questions posées par le Collectif (voir courrier du 27/02/14) sur les besoins agricoles (nombre d’agriculteurs concernés, nombre d’hectares et type de cultures, prix facturé aux irrigants…), sur les pollutions du Tescou qui justifient aujourd’hui un tel soutien d’étiage, sur le coût final pour le contribuable en investissement comme en fonctionnement… Il ne semble pourtant pas déraisonnable de considérer que le Conseil Général doit apporter des réponses à ces questions afin de rendre des comptes sur l’utilisation de l’argent public (environ 20 M€ sur 20 ans) et des ressources naturelles.

 

Pour souligner les contradictions de ce projet de barrage défendu par la Préfète du Tarn avec les beaux discours du Chef de l’Etat, une pancarte reprenait la déclaration du Président de la République à l'occasion de la Conférence environnementale de septembre 2012 : « Préserver la biodiversité, c'est limiter l'artificialisation des sols, c'est encourager le développement d'un nouveau modèle agricole, plus respectueux de l'environnement qui réduise l'usage des pesticides, protège les ressources en eau.»

 

Face au refus du dialogue de la Préfète (qui ne répond même pas aux demandes de rencontre ou de débat du Collectif), face aux conflits d’intérêts flagrants et au gaspillage d’argent public, les opposants restent très déterminés à se mobiliser pour empêcher le nouveau passage en force qui s’annonce à la rentrée.

 

A partir du 1er septembre, le réel bénéficiaire du projet, la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG), sera à nouveau autorisé à déboiser 29 ha d’espaces boisés en Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique, ou Floristique (ZNIEFF). Le déboisement entrainerait la destruction irréversible de la zone humide du Testet qui, selon l’étude d’impact, « fait certainement partie des zones humides majeures du département du point de vue de la biodiversité  » notamment du fait de la présence de 94 espèces animales protégées dont 5 à enjeux importants.

 

Plus de 2500 citoyens, élus, agriculteurs, responsables associatifs et syndicaux ainsi que six partis politiques appellent à un moratoire dans l’attente du résultat d’études réellement indépendantes, le projet reposant actuellement sur un rapport biaisé de la CACG, qui intervient à la fois comme bureau d’études et comme maître d’œuvre... Seule l’annonce d’un tel moratoire permettra d’apaiser la situation et d’éviter de nouvelles tensions sur le terrain.

 

Contacts presse : Ben Lefetey (0699266066) & Françoise Blandel (0602319690)

 

 


 

Le Collectif bénéficie du soutien financier de la Fondation pour une Terre Humaine pour l'aider à mener à bien la mobilisation publique et médiatique nécessaire à la sauvegarde de la zone humide du Testet.

 

 

 



Les réactions

Avatar Jean François WOLFF

Bonjour,
Bravo et bon courage pour les "événements" et manifestations divers prévus cet été.
En ce qui concerne la fin de non recevoir systématique des élus et des "pouvoirs publics" opposée à vos demandes d'explication en public sur leur positions, sur leur refus de tenir compte de l'avis défavorable des instances scientifiques, est ce que vous ne pourriez pas organiser une campagne de courriels et fax à la Préfecture ET au Conseil Général, envoyés par des citoyennes et des citoyens de base comme moi, et leur demandant de sortir de leur silence pour accepter, enfin, la confrontation démocratique?
Cyber acteurs, dont je vous ai parlé dans mon dernier message, sait très bien organiser ce genre de choses.

Le 04-07-2014 à 06:42:38

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