Déboisement par la force et gros mensonges !

Ce 1er septembre 2014, le Conseil Général du Tarn

a décidé de passer en force

avec le soutien du nouveau Préfet.

 

Le déboisement de bois en limite de la zone humide a commencé sous la protection d'environ 200 CRS et gendarmes. Plus de 200 opposants, notamment des représentants d’associations écologistes, d’ATTAC et de la Confédération Paysanne, étaient sur place et ont tenté de freiner, en vain, l’avancée des tronçonneuses.

 

Les CRS écartaient les opposants avec des gaz lacrymogènes. Des affrontements ont eu lieu et il y a déjà quelques blessés ainsi que 7 interpellations (presque tous sont ressortis de leur garde à vue).

 

Les abatteuses, machines déboisant très vite, n’ont pu elles entrer sur le site du chantier qui était occupé, y compris par des tracteurs.

 

A 13h30, une manifestation (décidée à 11h30) devant le Conseil Général a regroupé une centaine de personnes. Après la rencontre avec les médias, une délégation de 5 personnes (1 membre du Collectif, 1 représentant de la Confédération Paysanne et 3 élus régionaux EELV) a pu rencontrer la directrice de cabinet du Conseil Général. Contrairement à ce qui est affirmé en introduction de l’interview de Thierry Carcenac, président du Conseil Général, dans le journal de France 3 Tarn, ce n’est pas lui qui a rencontré la délégation, il a préféré courageusement envoyer sa directrice de Cabinet qui lui a transmis ensuite les échanges…

 

Après avoir regretté l'absence d'élus du département (en dehors de Roland Foissac, conseiller général communiste, et partisan d’un moratoire du projet, qui a facilité la rencontre), les membres de la délégation ont demandé :

 

- Un moratoire des travaux dans l'attente des 4 recours en justice et le retrait des forces de l'ordre.

 

- L’organisation d'un véritable débat démocratique avec la communication de tous les éléments, dont les avis des scientifiques,

 

Le groupe a rappelé la responsabilité du Président du CG en cas de violences sur le site et au sujet de la santé des grévistes de la faim (qui en sont à leur 6e jour). 

 

Dans un communiqué diffusé le jour du lancement de la grève de la faim, Thierry Carcenac a osé ce gros mensonge : « Devant l’échec des moyens légaux à leur disposition, des actions violentes et des occupations illégales sont menées par des individus sur le site de Sivens ». Thierry Gentilhomme, nouveau Préfet du Tarn (arrivé aujourd’hui !), lui a emboîté le pas ce lundi après-midi en déclarant à la presse que tous les recours des opposants avaient été épuisés.

 

Pourtant, ils savent parfaitement que plusieurs recours juridiques déposés par le Collectif et ses partenaires sont en effet en cours d’examen :

• Un recours au fond contre l'arrêté dit « Loi sur l'eau » du 3 octobre 2013

• Un recours au fond contre la déclaration d'utilité publique (DUP) du 2 octobre 2013

• Un recours au fond et en référé suspension contre l'arrêté de dérogation à l'interdiction de destruction d'espèces protégées du 16 octobre 2013. La demande de suspension du projet devrait être appelée devant le tribunal administratif dans les 15 jours à venir.

 

Le 28 février 2014, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, avait déclaré aux médias « que les recours déposés contre le projet de transfert d'aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes devaient être examinés par la justice avant que les travaux ne puissent commencer » arguant du fait que « nous sommes dans un Etat de droit ». Ségolène Royal, Ministre chargée de l'Ecologie, a poursuivi cette politique.. Pourquoi l'Etat de droit ne s'applique-t-il pas alors dans le Tarn également ? Le Collectif demande à Ségolène Royal de geler ce projet très contesté jusqu'à ce que tous les recours déposés soient examinés par la justice !

 

Rappelons que plusieurs barrages construits par la CACG ont été condamnés de nullité après leur construction du fait que la justice avance moins vite que les bulldozers. Il en est ainsi du barrage de Gabas (dept. 64 et 65) et, plus proche de nous, de celui de Fourogue construit en 1998 sur le bassin de la Vère pour le Conseil Général du Tarn et qui a été déclaré illégal en 1999.

 

Concernant les impacts environnementaux du projet, la Préfète du Tarn a déclaré en mai que le barrage de Sivens est un « projet environnemental exemplaire ». En d’autres termes, le secrétaire général de Préfecture a répété le même mensonge le 27 août sur France 3 Tarn en déclarant que « toutes les mesures de compensation ont été prises ». Dans notre communiqué du 20 mai 2014 « un projet exemplaire... du mépris de la Préfète envers les experts et les citoyens », nous avons déjà fait la démonstration que les représentants de la Préfecture manipulaient l’opinion publique.

 

Face à ce passage en force et à tous ces mensonges, le Collectif appellent ses adhérents et sympathisants à poursuivre et renforcer la mobilisation contre le déboisement qui est en cours.

 

Pour rejoindre le Collectif sur place, rendez-vous au carrefour de Barat (Voici le plan d'accès en PDF) où vous serez accueillis.

 

De nombreux médias couvrent désormais ce dossier (TF1, France 2, France 3 national, France Inter, L'humanité, etc). Une mise à jour sera faite dès que possible sur la page web dédiée.

 

Nous comptons sur votre mobilisation !

 

 

 

 



Les réactions

Avatar Timalus Timalus

La CACG (Compagnie d’Aménagement des Côteaux de Gascogne) travaille également sur des projets à l’international, par ex. un projet au GHANA où ils doivent faire une étude de faisabilité pour le compte de la VOLTA RIVER AUTHORITY, concernant un barrage multi fonctions de PWALUGU, le tout financé par l’Agence Française de Développement et supervisé par la Banque Mondiale....du boulot pour l’équipe de Bastamag et peut-être bien des surprises....(les élus du Tarn financés par le Ghana ? mais non, je rigole....)

Le 02-09-2014 à 21:56:36

Avatar Silm Fast

ce n'est pas marrant de mettre des nez de clown, au cirque c'est plus beau, c'est tout simplement le Bordel ...!!!!

Le 03-09-2014 à 11:09:47

Avatar M. et Mme. Renaudon Etienne et Isabelle

il y en vraiment marre de toute cette autocratie aveugle !
Aujourd'hui, plus rien n'a d'importance en regard de ce que vivent les populations localement. Point non plus d'égard envers ce qui fait la richesse d'un lieu, d'une pratique, de la vie rurale abordée avec profondeur...

Le 05-09-2014 à 15:33:31

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