Le Collectif dénonce l’attitude de la FNSEA et du gouvernement

 

Sur la politique d'intimidation de la FNSEA,

voir aussi l'exemple sur les agents de l'Onema dans le reportage de France 4

 


 

Gaillac, 5 mars 2015 (12h30)

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le Collectif Testet dénonce l’attitude de la FNSEA et du gouvernement

 

Alors que des FDSEA et JA mènent une grande opération illégale de répression contre des défenseurs de la zone humide du Testet et d’un autre modèle agricole, il importe de rappeler que c’est le passage en force du Conseil Général (CG) et du gouvernement en octobre 2013 qui a entraîné une occupation du site du chantier. Malgré tous les avis défavorables de scientifiques, de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), de la commission d’enquêtes publiques, la Préfète avait alors signé les arrêtés autorisant le projet. Le gouvernement et le CG 81 ne tenaient pas compte des contre-expertises citoyennes ni de la demande de moratoire soutenues par des nombreux élus, associations et de la Confédération Paysanne.

 

Après les drames humains et écologiques découlant de ce passage en force appuyé par les forces de l’ordre, deux rapports d’experts très critiques sur le barrage de Sivens et la procédure d’infraction européenne ont donné raison aux opposants au projet. Le projet initial était bien largement surdimensionné (2 fois trop selon les experts, plus de 3 fois selon nos analyses), bénéficiant à peu d’agriculteurs (une vingtaine sur le parcours concerné à l’amont du Tescou), illégal au regard du droit de l’environnement et de la directive européenne sur l’eau et incompatible avec les financements européens FEADER.

 

Chacun sait que sans l’occupation du site dans des conditions de vie très difficiles, notamment la répression des pro-barrages et des forces de l’ordre, ce projet gaspilleur d’argent public pour l’intérêt d’une minorité serait sur le point d’être terminé. Il faut rappeler que le président du CG 81 (Thierry Carcenac) et la CACG (constructeur des barrages) avaient poursuivi le chantier du barrage de Fourogue fin 1997 malgré une décision de justice demandant de suspendre les travaux. La justice a ensuite retiré le statut d’intérêt général et d’utilité publique au barrage mais il n’a jamais été détruit. C’est contre ces passages en force à répétition que des personnes ont décidé d’occuper le site pour obliger les porteurs du projet à attendre les décisions de justice avant tous travaux.

 

Cette résistance sur le terrain est donc tout à fait légitime même si elle est illégale. Elle a entraîné l’occupation de terrains appartenant au CG 81 ou à la CACG dont la plupart sur l’emprise du chantier donc perdus pour les agriculteurs. L’occupation des terres de la ferme abandonnée Métairie Neuve a eu lieu après récolte des foins et les agriculteurs riverains n’utilisent pas les terres ou les bois durant l’hiver. Les nuisances réelles sont donc très fortement exagérées par la FNSEA et certains élus locaux qui mettent ainsi de l’huile sur le feu. Les occupants ont conditionné leur départ à l’abandon du projet initial par le CG 81, ce que la FNSEA, le Préfet et Thierry Carcenac savent pertinemment. Il aurait donc suffi d’attendre que le CG 81 annonce enfin officiellement, demain 6 mars, cette décision évidente pour que l’occupation évolue sans tensions.

 

Mais c’était sans compter sur l’attitude extrémiste de la FNSEA qui veut poursuivre un modèle agricole productiviste qui ne survit plus qu’avec les subventions publiques. Il y a officiellement plus de 2 millions de m3 d’eau inutilisés chaque année dans les retenues collinaires sur le bassin du Tescou. Plutôt que d’optimiser ces réserves existantes sous-utilisées, la FNSEA continue encore à demander aux contribuables de financer 100% d’un barrage de 1,5 Mm3. Le pire est que certains élus (notamment Jacques Valax au PS, Maryline Lherm à droite…) la soutiennent, préférant couper les budgets sociaux pourtant eux d’intérêt général. L’argent public doit soutenir les paysans pour évoluer vers une agriculture créatrice d’emplois, écologique, fournissant la demande locale qui est solvable notamment dans la restauration collective publique. Sur la question de l’eau, des études complémentaires sont nécessaires (sur ces points, voir courrier du Collectif aux conseillers généraux).

 

Les événements des derniers jours montrent que les forces de l’ordre n’agissent pas encore de manière impartiale comme le Collectif et des élus l’ont déjà dénoncé devant la Commission d’enquête parlementaire (voir ci-dessous). Ces consignes gouvernementales sont inacceptables et indignes d’un pays donneur de leçons démocratiques. Le Collectif Testet demande au gouvernement de faire cesser le blocus de la ZAD et les violences commises par les FDSEA/JA contre des citoyens ayant montré la pertinence de leur combat d’intérêt général.

 

Contacts : Christian Conrad : 0670053118 / Françoise Blandel : 0602319690 / Grégory Dhoye : 0668489610

 

Notes

Commission d’enquête chargée d’établir un état des lieux et de faire des propositions en matière de missions et de modalités du maintien de l’ordre républicain, dans un contexte de respect des libertés publiques et du droit de manifestation, ainsi que de protection des personnes et des biens

 Jeudi 29 janvier 2015 : Audition, ouverte à la presse, de M. Ben Lefetey, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-ceordrerep/14-15/c1415007.asp

 

Mercredi 25 février 2015 : Audition, ouverte à la presse, de MM. Bernard Cottaz-Cordier, porte-parole de l’Association départementale des élus communistes et républicains (ADECR)-Les Alternatifs du Tarn-Europe Écologie-Les Verts- NPA-PCF-Parti de Gauche, et Patrick Rossignol, maire de Saint-Amancet (Tarn).

http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-ceordrerep/14-15/c1415014.asp

 

 



Les réactions

Avatar le masson

Bonjour. L’emprise sur la zone du Testet est une aberration pour 20 exploitations agricoles on devrait dépenser des millions d'euros, pour faire du mais alors qu'ils peuvent produire des céréales et diverses plantes comme les pois chiches et les lentilles et les tarbais qui demandent peu d'eau.
Plus bas la catastrophe sera plus visible . Tout cela pour vendre cette zone à des financiers qui taxeront les exploitations à des prix excessifs et on se retrouvera comme en Espagne dans un pays dévasté. Et cela avec l'argent de nos concitoyens. Quels personnels politiques avons nous élus?

Le 09-03-2015 à 22:27:30

Avatar Jean-Claude Herrenschmidt

Merci à la masson. Voilà qui est clair et franc.

En revanche je ne comprends pas ce que fait là le message de Michel Spaeth.

Le 10-03-2015 à 18:09:31

Avatar barrientos

JE SUIS DE TOUT COEUR AVEC VOUS ILS L AURONT VOULU JE N IRAI PAS VOTER LE 17 2017 AU DEUXIEME TOUR POUR LE PS ET LES AUTRES

Le 11-03-2015 à 15:45:53

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