Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet a été créé en 2012 pour protéger la dernière zone humide d’importance du bassin versant du Tescou (Nord-Ouest du Tarn) menacée de destruction par le projet de barrage de Sivens. La volonté du Collectif, et de nombreux autres opposants venus sur place défendre la zone humide, d’agir par la non-violence et le dialogue a eu, jusqu'ici, la répression pour seule réponse du Conseil général du Tarn et du gouvernement.
Cette politique anti-démocratique et autoritaire a atteint son paroxysme quand l’ordre a été donné d’utiliser des grenades offensives dont une a tué le jeune naturaliste Rémi FRAISSE le 26 octobre 2014. Les experts du Ministère de l’environnement, la Commission européenne ayant validé l’analyse des opposants, le barrage initial a été abandonné. Le tribunal administratif a jugé l’illégalité du barrage.
Notre action vise actuellement à obtenir la réhabilitation de la zone humide (comme l’exige le droit), l’évolution agro-écologique de toutes les fermes du bassin du Tescou comme alternative à tout nouveau projet de barrage sur la zone humide du Testet et l’amnistie de toutes les condamnations d’opposants ayant légitimement lutté contre ce projet illégal.
Journées mondiales des zones humides 2021 : zone humide du Testet
Orientation 2021 du collectif Testet
Pourquoi nous n'avons pas consenti ?

Pourquoi 8 organisations du projet de territoire n'ont pas consenti
à valider le texte, envoyé par mail le 19 décembre au soir ?
Le 30 décembre 2020 nous avons publié un communiqué de presse intitulé :
Démenti : ll n'y a pas encore de consensus
pour le projet de territoire de la vallée du Tescou
Ce communiqué était signé des organisations signataires suivantes : Confédération Paysanne Tarn, Confédération Paysanne Tarn et Garonne, Nature & Progrès Tarn, Adear Tarn et Garonne, FNE 82, UPNET, Collectif Testet, Lisle Environnement
Nous nous devons de vous faire connaître les arguments
qui fondent le non consentement de ces 8 organisations à ce texte.
Vous le trouverez en cliquant ici.
Communiqué de presse
SIVENS : LA JUSTICE CONDAMNE L’ETAT POUR SES FAUTES
Sivens : 6 ans déjà !
Maison de la forêt de Sivens : Dimanche 25 octobre Journée de commémoration et de lutte
Sivens : manifestations à Lisle-sur-Tarn
Face aux sécheresses, changer de modèle agricole Olivier Hébrard Le Monde du 31 août 2020
L'article suivant, d'Olivier HEBRARD, paru dans le journal "Le Monde" du 31 août 2020 montre pleinement la pertinence du scénario "agroécologie et ressources en eau" proposé aux acteurs du projet de territoire du Tescou.
"Le développement de l’agroécologie paysanne et de la permaculture pourrait permettre de déployer en France une agriculture durable et résiliente, affirme le chercheur Année après année, la fréquence et la sévérité des sécheresses progressent sur nos territoires, conséquences des changements climatiques en cours.
En première ligne, le monde agricole souffre tout particulièrement de la récurrence des températures extrêmes, de leur persistance et des longues périodes sans pluie. Le modèle agricole français actuel reste largement dominé par l’agriculture dite conventionnelle, reposant en partie sur la chimie et bien trop souvent sur une mauvaise gestion des sols, de la biodiversité et de l’eau.
Là où ce modèle parvenait à franchir tant bien que mal les sécheresses estivales il y a encore quelques dizaines d’années, avec leur récurrence et leur persistance, il montre à présent clairement ses limites.
Les sols travaillés en profondeur, les engrais minéraux et les pesticides chimiques sont autant de facteurs qui, année après année, fragilisent les sols et leur enlèvent leur aptitude à retenir et stocker les eaux en période de pluies, puis en période sèche, à les redistribuer progressivement aux plantes, aux aquifères profonds, aux sources et aux cours d’eau.
Ainsi, lors des principaux événements pluvieux, ces sols dégradés génèrent plus facilement des inondations. A l’inverse, n’ayant pas pu correctement retenir et stocker les eaux lors des périodes de pluies, ces sols nécessitent alors rapidement une irrigation conséquente.
De surcroît, les prélèvements d’eau agricole s’effectuent souvent dans des nappes et des cours d’eau eux-mêmes mal rechargés pendant les périodes hivernales en raison de cette mauvaise gestion globale des sols, ce qui ne fait qu’accentuer leurs faibles niveaux d’étiage.
C’est notamment dans ce contexte global que les demandes de création de retenues d’eau se multiplient.
Si parfois elles s’avèrent fondées et légitimes, bien souvent elles visent à répondre aux besoins en eau d’un système agricole devenu obsolète.
L’arrosage massif de grandes surfaces de maïs, destinées à alimenter du bétail qui, normalement, devrait se nourrir à l’herbe, en est un exemple criant.
Le projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, est un des cas les plus médiatisés de débats portant sur les liens entre ressource en eau et choix du modèle agricole global.
Respect du vivant
A la lumière des erreurs passées et actuelles, nous savons aujourd’hui que d’autres modèles agricoles et alimentaires sont possibles, mais aussi que le consommateur, qui se trouve en bout de chaîne, représente un vrai levier.
Si celui-ci choisit par exemple de consommer moins de viande mais de meilleure qualité, telle que celle issue de vaches nourries à l’herbe et certifiées en agriculture biologique, et dans la mesure du possible selon un approvisionnement en circuits courts, les effets positifs sur les milieux seront notables.
Que ce soit par la recherche agronomique ou sur le terrain à travers les démonstrations de plus en plus nombreuses d’agriculteurs et de gestionnaires d’espaces naturels, les exemples se multiplient quant à la capacité de l’agroécologie paysanne et de la permaculture à nourrir sainement les territoires tout en améliorant les milieux et les rendant plus résistants face aux aléas climatiques.
L’agroécologie paysanne et la permaculture, deux disciplines très proches l’une de l’autre, ont comme principal fondement le respect du vivant dans son intégralité et une véritable vision globale.
A titre d’exemple, dans le Gard, au monastère orthodoxe de Solan, des sœurs tâchent de suivre, depuis bientôt trente ans, les préceptes de l’agroécologie paysanne pour gérer leur domaine agricole de 60 hectares. Sur ce site classé Natura 2000, elles vont aujourd’hui bien au-delà du cahier des charges de l’agriculture biologique : il n’y a presque plus de sols nus et ces derniers ont été très significativement améliorés par différentes techniques (limitation du travail du sol, composts, paillages…), les parcelles restent de petites dimensions et sont intégrées dans une mosaïque forestière de manière à favoriser les interactions entre les milieux naturels et les parcelles agricoles.
Alors que la majorité des petits cours d’eau des secteurs agricoles de leur région s’assèchent l’été, le petit ruisseau qui est situé quasi intégralement sur leur domaine a montré, lors de précédentes sécheresses, un débit de plus de 0,2 litre par seconde après plus de sept mois sans pluie, ce qui est considérable pour la surface drainée (36 ha).
La permanence de ces écoulements ainsi que la qualité des eaux de ce ruisseau sont le fruit de la bienveillance permanente des sœurs et du panel des bonnes pratiques qu’elles mettent en place depuis des années.
Ce mode de gestion de leur domaine est validé par la présence d’un des meilleurs indicateurs de la qualité des cours d’eau et de l’environnement, l’écrevisse à pattes blanches. Si force est de constater que les effets des changements climatiques se font aujourd’hui bel et bien sentir, des exemples de plus en plus nombreux montrent toutefois que le choix du modèle agricole peut permettre de significativement en amortir les conséquences.
L’agroécologie paysanne et la permaculture sont à même de permettre une meilleure gestion des aléas climatiques, tout en améliorant les milieux et en parvenant à satisfaire leur premier objectif qui est celui de nourrir quantitativement et sainement les humains. Il appartient dès lors aux consommateurs, mais aussi aux décideurs et aux agriculteurs, de choisir collectivement le modèle agricole et alimentaire le plus durable et résilient.
Olivier Hébrard est docteur ès sciences, membre du pôle expertise de l’association Terre & Humanisme qui soutient une « agriculture écologique, humaine et solidaire inspirée de Pierre Rabhi»"
Sivens : 7 organisations, actrices du projet de territoire du Tescou, proposent un scénario
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